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    Défricheurs de tendances et premiers de la classe

    Défricheurs de tendances

    et premiers de la classe

    Audrey Levy
    30/01/2008 | Mise à jour : 16:19 |

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    En marge de leurs études, certains jeunes vivent si intensément leur passion pour la mode qu' ils se bousculent pour en apprendre davantage sur la construction d'un vêtement ou les styles de 1680 à nos jours…

    On peut s'inspirer de Kate Moss ou de Nicole Richie, porter un slim, des low boots, des lunettes oversize, et vouloir percer les mystères théoriques et pratiques de la mode. Les professionnels ont donc concocté pour un public plutôt jeune, novice et curieux, des programmes sur mesure capables de compléter une pratique assidue du lèche-vitrine et la lecture régulière des magazines.

    Apprendre à regarder un vêtement, le dessiner, découvrir les techniques d'un couturier ou d'un styliste, c'est ce que propose par exemple un nouveau programme d'atelier des Arts décoratifs à Paris. Plus théorique, l'École du Louvre a ouvert, depuis la rentrée, un cours intitulé «Histoire de la mode et du costume, les mécanismes de la mode en France de 1680 à 2000». Rien à voir avec les cours académiques dispensés par les écoles de mode aux futurs professionnels, ni avec les ateliers culturels et créatifs proposés par la ville de Paris rassemblant une flopée de bobos à l'affût du «c'est moi qui l'ai fait». Ici, on décortique les codes de la mode à la lumière des phénomènes historiques.

    En associant théorie et exemples concrets puisés dans leurs propres collections, ces institutions ont su attirer un nouveau public. Un vrai succès : depuis la rentrée, ces cours, sans condition préalable de diplôme, affichent complet. Parmi les 180 places proposées par l'École du Louvre, on dénombre, outre les 40 élèves de l'école, 140 auditeurs libres, amateurs ou passionnés, qui s'y précipitent souvent entre deux séances de travaux dirigés à la fac.

    Plus sélectifs encore, les Arts décoratifs n'offrent que 18 places, en grande majorité à des lycéens peu intéressés par des cursus trop scolaires, qui parfois se découvrent une vocation. «Au début, j'étais très attirée par le contenu, maintenant je suis certaine de vouloir en faire mon métier», affirme une jeune fille qu'on croirait tout juste sortie d'un manga. «Les jeunes suivent les codes vestimentaires qu'on leur montre dans les médias. Le vêtement est un marqueur social, révélateur d'une culture et d'une appartenance sociologique, analyse Bertrand Meyrat, chargé de mission à l'École du Louvre. Paradoxalement, la mode est aussi un élément p our se démarquer et affirmer son individualité.»

    Dans ces cours, il n'est absolument pas question de bricoler des tenues excentriques en mâchant un chewing-gum… Chaque semaine, pendant une à deux heures, encadrés par des experts et des enseignants spécialisés, ces jeunes adeptes se forgent une véritable culture mode : apprentissage du croquis, cours sur les matières, élaboration d'un cahier de tendances, conférences sur l'histoire du costume… 

    Au-delà du glamour

    «Ils arrivent avec pas mal de clichés. On leur remet les pieds sur terre en leur montrant les réalités du métier : la démarche d'un créateur, les exigences du marché », détaille Grégory Drouin, styliste et professeur aux Arts décoratifs. «Les explications théoriques sont parfois un peu ardues mais elles deviennent rapidement accessibles, une fois confrontées aux œuvres des musées », soutient une étudiante venue croquer les modèles de la dernière exposition Lacroix.

    Face à cet engouement, certains éditeurs proposent des jeux vidéo qui initient de façon ludique au métier de styliste. Après le succès de Léa, passion mode et Jeune Styliste, qui en est à sa cinquième édition, la dernière trouvaille s'appelle Zoé, créatrice de mode. Un jeu qui va au-delà du simple habillage de mannequins : «  Il faut sortir les ciseaux, la machine à coudre et le fer pour réaliser de A à Z chaque nouvelle commande », explique le chef de projet, Jean-Michel Stenger.

    Loin de l'univers glamour des podiums, le joueur, tel un vrai créateur, doit faire ses preuves pour devenir Zoé, la créatrice du moment, et réaliser les plus belles collections à partir d'une dizaine de patrons disponibles. Pas le droit à l'erreur. Son travail est ensuite évalué, selon trois critères : le temps de la réalisation d'un modèle, la précision de la couture et le style. On s'y croirait.

    Ateliers du Carrousel, rens.: 0144555902. École du Louvre, www.ecoledulouvre.fr  Léa, passion mode, Nintendo DS, Ubisoft, 39,99 €; Jeune styliste 5, DVD-rom, PC/Mac, Carré multimédia, 30 €; Zoé, créatrice de mode, Nintendo DS, 505 Games, 34,99 €.

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    Designer, créateur de mode


    Le designer de mode travaille en équipe. Son rôle est de créer mais au delà de la création, il y a la fabrication et la commercialisation du produit. A moins de travailler pour son compte et d’être expert dans la création comme dans le marketing le styliste doit donc savoir s’entourer de partenaires.
    La plupart du temps la création d’un produit s’effectue de la manière suivante : le styliste crée un modèle, il choisit le tissus adéquat. Puis le modèle passe entre les mains d’un modéliste qui passe le modèle en image 3D, fera un patron et les essayages. Ensuite vient l’étape de la confection réalisée par un professionnel ou par des machines.

    Le styliste peut exercer dans différents environnements : à domicile ou chez l’employeur dans un atelier de confection, une entreprise de prêt-porter, un bureau de design etc. Il peut aussi suivant ses goûts choisir de travailler en entreprise ou sa tâche sera plutôt celle de conseiller les industriels. Ses principales qualités seront d’être créatif, imaginatif et innovant. Il doit sentir ce qui aura la côte auprès des clients dans l’avenir. Il est également polyvalent. Maîtriser les techniques de la création ne suffit pas, il doit connaître l’informatique, la gestion, les techniques de commerce etc.

    Le métier ne fait pas que des stars de la mode. C’est en effet très difficile de vivre de ses créations car le coût de fabrication revient souvent plus cher que le coût de rendement. De plus, les horaires de travail sont assez contraignants et irréguliers dépendant beaucoup des dates de manifestations commerciales ou des délais de livraison.

    Côté formation, le métier de designer de mode est accessible, avec quelque année d’expérience, après un DEP design de mode, textile et environnement.  Il existe également un grand nombre d’écoles privées  proposant des formations au design en 3, 4 ou 5 ans.


















    ModélisteProfil : plutôt manuel, le modéliste possède une bonne connaissance du textile et de la couture, parle anglais, l’italien peut être un plus.
     
     Débouchés : le modéliste réalise la conception du vêtement, à plat sur patron, ou en moulage sur mannequin. Les postes ne manquent pas dans les ateliers ou chez les grandes marques. La hiérarchie est précise : le poste en bas de l’échelle est celui de petite main, suivi par la seconde main, ensuite par la première main (qui comporte 5 niveaux), le second d’atelier, le premier d’atelier et enfin le chef d’atelier.
     
     Témoignage : Myriam, 41 ans, seconde d’atelier chez Chanel. « Après un CAP en couture, j’ai travaillé, en tant que mécanicienne modèle chez un modéliste pendant 1 an, puis 1re main débutante en haute-couture pendant 3 ans. Ne voyant pas aucune évolution possible, j’ai passé 6 ans en intérim dans le milieu de la haute-couture et du prêt-à-porter de luxe avant de finir chez Chanel où je suis 2nde d’atelier. L’aspect technique est prépondérant, on apprend sans arrêt, et mon expérience en couture et en intérim m’a beaucoup apporter à ce niveau. C’est un métier de passion, de patience, de rigueur et de minutie ! »

    Patronnier-gradeur

    Sur la chaîne de fabrication, le patronnier-gradeurintervient après le modéliste. Ce métier consiste à établir les tailles d’un vêtement à partir d’un modèle standard afin d’en réaliser les patrons. Pour cela, il doit calculer les rapports qui permettent de passer d’une taille à l’autre en adaptant les données d’un modèle. Il travaille soit manuellement, soit avec un logiciel informatique qui permet d’ajouter ou d’enlever parfois seulement quelques millimètres aux différentes parties qui composent un modèle : encolure, manche, etc. Pour les grandes séries, ce sont ensuite des milliers de vêtements qui seront fabriqués d’après le patron que le patronnier-gradeur aura mis au point : il ne peut donc y avoir de place pour la moindre erreur !

    Coupeur

    Impossible de fabriquer vêtements et accessoires sans passer par lui. Son rôle est d’effectuer le placement, le traçage et le découpage des pièces qui composent un article. Il intervient après le patronnier-gradeur et doit scrupuleusement respecter les mesures qui lui sont communiquées, au risque de devoir gâcher des milliers de pièces. Outre sa grande précision, le coupeur, qu’il œuvre dans l’industrie du cuir ou dans celle de l’habillement, devra parfaitement connaître les matériaux sur lesquels il travaille. Pour le cuir, la découpe se fait souvent à la presse avec emporte-pièce ou à l’aide d’un tranchet. La découpe du tissu se fait à l’aide de ciseaux ou plus généralement d’une scie électrique. Ce métier tend à s’informatiser : le placement des pièces de tissu ou de cuir se fait automatiquement et la découpe est gérée par ordinateur.




    TEINTURE

    Une teinture est un colorant absorbé par le support et qui se mélange à sa couleur initiale, au lieu de la recouvrir comme un pigment. Par exemple un tissu bleu plongé dans un bain de teinture jaune deviendra vert, par combinaison du bleu et du jaune.

    Le principe de la teinture nécessite un produit colorant, un fixateur et de l'eau.

    Les teintures sont utilisées en cosmétique pour les cheveux, en ameublement pour teinter les bois ou les textiles, en maroquinerie pour le cuir, en peinture, etc.


    Historique

    L'indigo, une teinture bleue extraite de l'indigotier est une des plus vieilles teintures connues, des traces en ont été retrouvées sur des vêtements tissés de l'Égypte antique.[1]

    1 000 avant J.C., le port de Tyr était réputé pour le pourpre.[1]

    En 1850, la découverte des sels de chrome comme mordant pour fixer la teinture dans les fibres du tissu permet la réalisation de teintures dont les couleurs ne déteignent plus.[1]

    En 1856, William Henry Perkin découvre par erreur la mauvéine alors qu'il tentait de synthétiser de la quinine qui a la propriété de teindre la soie et donna naissance à toute une famille de teinture.[1]

    La garrance et l'indigo furent synthétisé respectivement en 1869 et en 1897. Ces teintures synthétiques sont des teintures azoïques organiques. [1]

    Depuis le début des années 1990, l'emploi des colorants de synthèse dans le secteur du textile est soumise à une réglementation stricte car certains produits utilisés auparavant libéraient des substances cancérigènes.[2]

    Types de teintures

    Teinture et textile

    Elle peut intervenir à différents moment de la fabrication du vêtement : sur le fil (avant ou après la filature, on parle de tissé teint), sur le tissu tissé (on parle de teint en pièce) ou sur le vêtement terminé (pratiqué surtout depuis les années 1980).

    Il existe trois méthodes de teinture dans le textile :

    • la teinture directe, le tissu est directement plongé dans le bain de teinture, cette méthode est jugé peu fiable car elle favorise le dégorgement.
    • la teinture directe par mordançage, la fibre est préparée à l'action de la teinture par un produit, le mordant ;
    • la teinture indirecte, le tissu est imprégné de différents produits qui provoquent l'apparition ou la fixation d'une couleur par réation chimique.

    Note

    1. abcde Les inventions qui ont changé le monde, Édition Sélection du reader's digest, 1982. ISBN : 2-7098-0101-9
    2. Le vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997. ISBN : 2-09-182472-0




    Les origines de la teinture, recherches du pigment pourpre, purpurissum...(par Inge Boesken Kanold)


    recherche

    Couleurs rares, anciennes et perdues

    Inge Boesken Kanold est artiste peintre avec un intérêt particulier pour les couleurs rares, anciennes et perdues.

    En 1975, pendant un long séjour en Asie, elle commence ses recherches en Indonésie où elle retrouve les premières traces d’une nouvelle récolte d’indigo. Les peintures des années trente sur l’île de Bali l’incitent à s’intéresser à l’origine de ces couleurs qui se composent de pigments comme l’ocre, le cinabre, l’orpiment, le noir de suie, le blanc des os calcinés.

    En 1979, séjournant au Liban, elle travaille avec des scientifiques de l’Université Américaine de Beyrouth (AUB) sur la fabrication de la pourpre ancienne à partir d’un escargot de mer, le murex Hexaplex trunculus.

    En 1982, elle s’installe à Lacoste en Provence. Les marchés du pays lui fournissent les coquillages dont elle a besoin pour recréer en 1993 une couleur perdue au VII e siècle de notre ère : le Tekhelet, le bleu de la Bible, qui n’est autre que l’indigo issu de la mer.

    En Janvier 2001, elle reconstitue avec John Edmonds et d’autres spécialistes de la pourpre une cuve à l’ancienne avec des escargots de mer frais (Hexaplex trunculus) dans les ateliers du Conservatoire des Ocres et de Pigments Appliqués à Roussillon.

    Toujours à la poursuite des recettes anciennes perdues, elle s’aventure lors de la préparation de l’exposition "Peaux de Peinture" au printemps 2001, dans le domaine du parchemin coloré et des manuscrits dits pourpres.
    Selon des scientifiques d’aujourd’hui, les enluminures et codices dits pourpre ne sont, dans la grande majorité des cas, que des documents de couleur rouge violet obtenu avec d’autres colorants imitant pour ainsi dire la pourpre royal.

    Après des semaines d’essais, Inge Boesken Kanold réussit finalement à teindre et à peindre le parchemin. Heureusement il existe encore des parchemineries artisanales en Europe de nos jours. Ainsi pouvait-elle se procurer la matière de base pour ensuite les travailler avec la sécrétion de la glande hypobranchiale du
    H. trunculus qui habite toujours, comme autrefois, la Méditerranée.

    Depuis ses expériences avec la cuve de fermentation à base de
    H. trunculus frais, I.B.K. cherche un moyen de conserver les mollusques à pourpre pour s’en servir ultérieurement. Ainsi, elle découvre en août 2001 qu’elle peut "stocker" les glandes dans du gros sel sans que la qualité de la cuve en souffre.
    Ceci est d’une importance majeure pour les historiens car cela expliquerait finalement pourquoi des fabriques de pourpre ont pu exister en Haute - Egypte loin des côtes.

    Au début de 2005, sa visite des peintures murales retrouvées à Akrotiri, Thera, sur l’îsle de Santorin devient un point de départ pour de nouvelles expériences autour du pigment ancien. Les analyses avaient montré que certaines peintures portaient des traces de pourpre naturelle. Ainsi, jusqu’à présent, ces œuvres-là sont les plus anciennes preuves d’application de vrai pourpre dans le monde pictural. Les fouilles sur ces lieux avaient même fourni une petite quantité de pigment pourpre qui s’est préservée pendant 3600 ans sous les cendres d’un volcan.

    En octobre 2005, vingt-six ans après les premiers essais, elle réussi finalement le pigment pourpre pour peinture. Désormais elle peut l’utiliser avec tout liant maigre que ce soit la gomme arabique, le blanc d’œuf et même l’acrylique.

    Cette redécouverte d’un pigment perdu rejoint et confirme les écrits de Pline, l’ancien, parlant d’un
    purpurissum à base d’une craie, la creta argentaria.


    La cuve de pourpre par fermentation

    En janvier 2001, le Conservatoire des Ocres et Pigments Appliqués de Roussillon, en Vaucluse (France), organisa un Atelier Pourpre . C’était une réunion privée de spécialistes de la pourpre et des scientifiques internationaux en vue de reconstituer la teinture à l’ancienne à partir des murex Hexaplex trunculus frais.

    L’idée de cette réunion avait germé à Edimbourgh en octobre 2000, lors de la conférence annuelle du DHA, Dyes in History and Archeology.

    John Edmonds, un des participants venait de publier un livret "Tyrian or Imperial Purple Dye, Historic Dye Series No 7" qui décrivait pour la première fois, une cuve de fermentation avec quelques grammes d’extrait en poudre de murex provenant d’Israël et, pour démarrer la fermentation, de la matière organique d’autres mollusques d’origine britannique.
    Grâce à une température et une alcalinité correctes, c’est probablement, comme pour la cuve de pastel, une bactérie de la famille des
    Clostridium qui se développe dans la préparation. Huit à dix jours plus tard, le bain est prêt à teindre en pourpre.

    En ouvrant le
    H. trunculus - appelé "escargot de mer" en Provence - à l’endroit où se trouve la glande hypobranchiale, on l’expose à la lumière et à l’oxygène, ce qui déclenche le devenir d’une couleur.

    De l’incolore, elle vire au jaune, au vert, au bleu pour terminer en une couleur aux multiples nuances violettes entre le bleu et le rouge.

    Chaque animal - selon son habitat, son âge, son sexe, sa nourriture - donne une identité de couleur. Or, si l’on mélange une quantité de glandes coupées pour un bain de teinture, le résultat est une seule couleur, qui peut être influencée par les recettes du teinturier.

    Nous avons réussi cette reconstitution d’une cuve de pourpre à l’ancienne avec une belle couleur bleue sur soie et violet foncé sur laine.




    Textiles: Procedes et techniques appliques

    2 PROCEDES ET TECHNIQUES APPLIQUES

    http://aida.ineris.fr/bref/bref_text/breftext/francais/bref/chap_02_01.htm    (pour schema et liens de references).

     

    La chaîne textile commence à la production ou à la récolte de la fibre brute. Les étapes de base au sein de cette chaîne seront décrites dans ce chapitre.

    La majeure partie de ce chapitre va décrire les traitements que l'on appelle, d'une manière générale, "procédés d’ennoblissement" (c'est-à-dire le pré-traitement, la teinture, l'impression, les apprêts et l'enduction, y compris le lavage et le séchage). Comme l'indique le schéma, ils peuvent être réalisés à différents stades du procédé de production: les supports destinés à l’ennoblissement peuvent être des étoffes, des fils ou des fibres en bourre.

    L’"ennoblissement textile" ne peut être défini comme étant une succession immuable de traitements, mais consiste plutôt en une combinaison de procédés unitaires, qui peuvent être appliqués dans le cadre de la production d'un produit textile selon les exigences de l'utilisateur final. Pour cette raison, les traitements d’ennoblissement seront décrits (de la section 2.6 à la section 2.11) en tant que procédés unitaires, sans prendre en considération l'ordre possible dans lequel ils peuvent être exécutés.

    Dans la deuxième partie de ce chapitre (voir section 2.14), une distinction a été faite entre le secteur de l’ennoblissement des tapis et le reste de l'industrie de l’ennoblissement. Des catégories type d’activité ont été identifiées pour chacun des secteurs. L'industrie du lavage de la laine a également été déterminée comme un secteur autonome. Ces catégories présentent des caractéristiques distinctes, qui font l'objet d'une brève description.

    Outre les fibres, les matières premières de l'industrie textile comprennent une large gamme de produits chimiques et de produits auxiliaires. Souvent, ces produits chimiques et produits auxiliaires ne sont pas spécifiques à un procédé et peuvent être trouvés à différentes étapes du processus de production. C'est la raison pour laquelle il a été considéré comme plus pratique de présenter la description de ces questions dans des annexes séparées (Annexe I : Produits auxiliaires textiles et Annexe II : Colorants et pigments), Le présent chapitre ne fournira que des informations générales sur les matières brutes textiles, y compris les procédures habituelles de stockage et de manutention.

    De même, étant donné l'utilisation multifonctionnelle des machines durant le cycle de production, l'équipement fait l'objet d'une annexe spécifique (Annexe III : Procédés par voie humide : machines et techniques).

    2.1 Matières premières

    2.1.1 Fibres

    Dans l'industrie textile, on utilise deux catégories de fibres : les naturelles et les chimiques Les fibres chimiques regroupent à la fois les matières purement synthétiques d'origine pétrochimique et les matières cellulosiques régénérées fabriquées à partir de fibres de bois. Une classification plus détaillée des fibres est la suivante :

    • Fibres d'origine naturelle
    • D'origine animale

    laine brute
    fibre de soie
    poil

    • D'origine végétale

    fibre de coton brut
    lin
    jute

    • D'origine minérale

    amiante (non utilisée dans l'industrie textile)

    • Fibres chimiques
    • Fibres artificielles

    viscose, cupro, lyocell
    acétate
    triacétate

    • Fibres synthétiques

    polymère inorganique

    le verre pour les fibres de verre
    le métal pour les fibres de métal

    polymère organique

    polyester
    polyamide
    polyacrylique polypropylène
    élasthanne

    Les fibres, dont traite ce document, sont décrites plus en détail ci-dessous, en mettant en particulier l'accent sur les impuretés types qu'elles contiennent. Une partie de ces impuretés va entrer dans le processus textile et influencer les émissions associées.

    2.1.1.1 Fibres de polyester

    Les fibres de polyester sont formées de macromolécules linéaires présentant dans la chaîne au moins 85 % d'un ester. Actuellement, trois polymères polyester sont commercialisés :

    • le poly(éthylène téréphtalate) (PET) à base d'éthylène glycol,
    • le poly(butylène téréphtalate) (PBT) à base de butylène glycol,
    • et le polytriméthylène téréphtalate (PTT) à base de triméthylène glycol.

    Toutefois, jusqu'à présent un seul de ces trois polymères, à savoir le poly(éthylène téréphtalate), également connu sous la désignation de PET, a été largement utilisé dans l'industrie textile. Par conséquent, dans les sections qui suivent, sauf indication contraire, le terme PES sera utilisé pour désigner les fibres de polyester standard à base de PET.

    Les fibres de PET possèdent un degré de cristallinité très élevé, ce qui leur confère une excellente résistance à la chaleur et d'autres propriétés mécaniques. D'autre part, cette structure compacte empêche la diffusion des colorants à l'intérieur de la fibre pendant la teinture. Il en résulte que les fibres de PET ne peuvent être teintes à une température inférieure à 100°C, à moins d'utiliser des accélérateurs de teinture (appelés véhiculeurs). Les véhiculeurs sont nuisibles pour l'environnement et, dans de nombreux cas, toxiques pour l'homme. Leur utilisation est actuellement en baisse, mais elle a été de pratique courante pendant de nombreuses années (voir également sections 2.7.8.1 et 8.6.7).

    Des fibres de polyester qui peuvent être teintes sans véhiculeurs sont actuellement disponibles sur le marché. Celles-ci comprennent les "fibres de polyester modifiées" ainsi que les fibres de PTT (voir liste ci-dessus). Les "fibres de polyester modifiées" sont à base de PET. Grâce aux modifications physiques et chimiques apportées à la structure de la fibre pendant le procédé de fabrication, elles présentent une cristallinité inférieure, ce qui les rend plus faciles à teindre sans véhiculeurs. Toutefois, en raison de leur coût élevé, l'application de ces fibres est limitée à des segments de marché spécifiques.

    En ce qui concerne le PTT, c'est un polyester aromatique (polytriméthylène téréphtalate) qui est réalisé par polycondensation de 1,3-propanediol et d'acide téréphtalique. Le coût élevé de la synthèse du 1,3-propanediol a empêché, pendant de nombreuses années, la commercialisation de cette fibre. Récemment Shell s'est engagé dans une nouvelle voie de synthèse d'un coût moindre pour la production de ce monomère, ce qui s'est traduit par un regain d'intérêt pour les polymères PTT [178, VITO, 2001] . Pour plus d'information sur ces fibres, voir section 4.6.2.

    En ce qui concerne les fibres de polyester en général, il est également utile de mentionner que, pendant la réaction de polycondensation, des oligomères cycliques d'une très faible solubilité dans l'eau peuvent se former (1 à 3 % du poids de la fibre [77, EURATEX, 2000] ). Ces oligomères ont tendance à migrer vers la surface de la fibre pendant la teinture, ce qui induit un effet négatif sur l'unisson et les solidités au frottement.

    2.1.1.2 Fibres de polyamide

    Le polymère de départ résulte de la réaction de polycondensation entre une diamine et un acide dicarboxylique. En fonction du nombre d'atomes de carbone dans le monomère, le produit final pourra être appelé polyamide 6.6 ou polyamide 6.

    Le polyamide 6.6 est synthétisé par la polycondensation thermique de quantités équimoléculaires d'acide adipique et de 1,6-hexaméthylènediamine. Le condensat à l'état d'équilibre contient de faibles quantités de monomères et de dimères cycliques (2 %).

    Le polyamide 6 est obtenu par polymérisation du monomère cyclique ε-caprolactame. La teneur en caprolactame dans le polymère peut être réduite à 0,2 % par l'extraction à l'eau chaude. La teneur en caprolactame augmente au cours de l’extrusion (filage par fusion) et une partie de celui-ci se dissipe partiellement au cours des traitements thermiques ultérieurs.

    2.1.1.3 Fibres acryliques

    Le polymère est obtenu par polymérisation radicalaire de l'acrylonitrile dans une émulsion aqueuse ou dans un solvant. Le polymère formé, constitué à 100 % d'acrylonitrile (également appelé PAN) donne des fibres possédant une affinité tinctoriale insuffisante, étant donnée la température de transition vitreuse trop élevée (supérieure à 100°C). Pour cette raison, ce polymère n'est plus utilisé dans l'industrie textile. Les fibres acryliques communément disponibles sur le marché à l’heure actuelle, sont des copolymères anioniques qui contiennent 85 à 89 % d'acrylonitrile, 4 à 10 % de comonomères non ioniques (chlorure de vinyle, acétate de vinyle, acrylate de méthyle) et 0,5 à 1 % de comonomères ioniques qui contiennent des groupes sulfonés ou sulfatés.

    La fibre peut être produite par filature à sec ou au mouillé. Dans le cas de la technique de filature à sec, le polymère est dissout dans le diméthylformamide (DMF). Pour la technique de filature au mouillé, en plus du DMF, on utilise du diméthylacétamide, du diméthylsulfoxide, du carbonate d'éthyle et des solutions aqueuses de sels ou d'acides inorganiques. On retrouve des résidus de ces solvants (0,2 à 2 % en poids de la fibre) dans les eaux usées issues du pré-traitement.

    2.1.1.4 Fibres de polypropylène

    Le polymère isotactique est utilisé pour la production de la fibre. A cause de son atome de carbone tertiaire, le polypropylène est très sensible aux fortes températures et à l'oxydation. Les phénols alkylés ou p-xylols, conjointement aux sulfures ou thio-dérivés (le thioproprionate de dilauryle ou de distéaryle) sont utilisés en tant que stabilisateurs. Les substances avec des groupes benzotriazoles, les complexes de nickel, les dérivés anthraquinoniques et les diamines à encombrement stérique sont utilisés en tant qu'absorbeurs d'UV. Ces substances de faible poids moléculaire restent dans les fibres de polypropylène et sont considérées comme pouvant générer des émissions.

    2.1.1.5 Elasthanne

    Les fibres d'élasthanne sont fabriquées à partir d'un élastomère contenant au moins 85 % de polyuréthanne (PU). Pour la production de la fibre (filage à sec), le polymère est dissout dans de la diméthylacétamide. Des résidus de ce solvant demeurent dans la fibre (<1 % en poids de la fibre) et se retrouvent dans les eaux usées issues du pré-traitement.

    Afin de réduire les caractéristiques hautement adhésives et pour garantir des propriétés de glissement suffisantes pendant le procédé, des agents de préparation sont appliqués sur la fibre (complément d'environ 6 à 7 %). Ces produits auxiliaires contiennent 95 % d'huiles silicones et 5 % de tensio-actifs. Le pourcentage élevé d'huiles silicones posera des problèmes environnementaux pendant le pré-traitement de la matière textile lorsque ces substances doivent être éliminées.

    2.1.1.6 Viscose

    La cellulose constitue la matière de départ. Elle est extraite du bois de conifères et livrée pour la fabrication de la fibre sous forme de feuilles d'une épaisseur d'environ 1 cm. Le bois contient approximativement 40 à 50 % de cellulose utilisable pour la réalisation de la viscose. Tout d'abord, on laisse la cellulose gonfler dans une solution de NaOH. Les flocons blancs ainsi obtenus sont ensuite traités au bisulfure de carbone jusqu'à formation de xanthogénate de cellulose sodique. Le xanthogénate est soluble dans l'hydroxyde de sodium dilué et la solution formée (la pâte de fibres) est d'ores et déjà appelée viscose. La pâte de fibres doit alors être filée. Le filage consiste à coaguler la solution de xanthogénate en sortie de filière dans un bain acide contenant de l'acide sulfurique, du sulfate de sodium et du sulfate de zinc.

    2.1.1.7 Cupro

    La cellulose (pâte de bois) peut également être dissoute dans une solution aqueuse de sulfate d'ammonium et de sulfate de cuivre. Les fibres cupro sont obtenues par filage au mouillé.

    2.1.1.8 Fibres d'acétate

    La molécule de cellulose contient 3 groupes alcool. Si 2 à 2,5 de ces 3 groupes sont estérifiés par de l'acide acétique, le polymère est appelé diacétate. Si l'ensemble des trois groupes est estérifié, le polymère obtenu est appelé triacétate. Les fibres d'acétate contiennent moins de 92 % d'acétate de cellulose, mais au moins 74 % des groupes hydroxyles doivent être acétylés.

    2.1.1.9 Laine

    La laine est un poil animal provenant du mouton. La tonte s'effectue normalement une ou parfois deux fois par an. La qualité et la quantité de la laine varient fortement en fonction de la race du mouton et de son environnement. La laine fait partie d'un groupe de protéines connues sous la désignation de kératine, que l'on trouve également dans les cornes, les ongles, etc.

    En plus des fibres de laine, la laine brute contient :

    • Des impuretés naturelles
    • Graisse de laine

    2 à 25 % de la laine brute

    • Suint (sueur séchée) 

    2 à 12 % en poids de la laine brute

    • Salissures

    5 à 45 % en poids de la laine brute

    • Des résidus d'insecticides, d'acaricides ou de régulateurs de croissance d'insectes qui sont utilisés en tant que remèdes vétérinaires pour protéger le mouton contre les ectoparasites tels que les poux, acariens, mouches bleues, etc.

    Le pourcentage des composants évoqués ci-dessus est susceptible de varier grandement en fonction de l'origine de la laine. Par exemple, la laine fine mérinos, principalement utilisée dans l'habillement, contient généralement 13 % de graisse de laine, tandis que les laines plus grossières du type de celles employées pour les tapis contiennent en moyenne environ 5 % de graisse.

    La teneur en fibres propres de la laine brute est habituellement de l'ordre de 60 à 80 %, mais peut varier de 40 à 90 %.

    La graisse de laine est insoluble dans l'eau, mais soluble dans des solvants apolaires, tels que le dichlorométhane ou l'hexane. La graisse de laine raffinée constitue un sous-produit de valeur.

    Le suint est une matière soluble dans l'eau provenant de la sécrétion des glandes sudoripares de la peau. Le suint est soluble dans des solvants polaires, tels que l'eau et l'alcool.

    La salissure peut comprendre une variété de matières, à savoir des impuretés minérales, du sable, de l'argile, de la poussière et des matières organiques.

    Les ectoparasiticides ont d'importantes incidences sur les rejets d'effluents provenant du lavage de la laine brute et sur l'élimination des boues générées par le traitement des effluents. Parmi les produits chimiques identifiés dans la laine brute se trouvent :

    • Des insecticides organochlorés
    • γ-Hexachlorocyclohexane (lindane)
    • Dieldrine
    • DDT
    • Des insecticides organophosphorés
    • Diazinon
    • Propetamphos
    • Chlorfenvinphos
    • Chlorpyriphos
    • Dichlorfenthion
    • Des insecticides pyréthroïdes synthétiques
    • Cyperméthrine
    • Deltaméthrine
    • Fenvalerate
    • Fluméthrine
    • Cyhalothrine
    • Des régulateurs de croissance d'insectes
    • Cyromazine
    • Dicyclanil
    • Diflubenzurone
    • Triflumuron

    Les insecticides organochlorés sont dangereux en raison de leur persistance et de leur bioaccumulabilité. Ils sont alors susceptibles d'avoir des effets à long terme (à la fois en termes de distance de la source et de temps après pulvérisation). Le γ-Hexachlorocyclohexane (également appelé lindane) est le plus toxique (et également le plus actif en tant que pesticide) parmi les isomères hexachlorocyclohexanes (les α-HCH et β-HCH). Le produit technique brut contient du α-HCH et du β-HCH, l'isomère β étant le plus persistant. Les composés lindane et DDT sont des substances bien étudiées avec une capacité de perturbation endocrinienne démontrée.

    Les pesticides pyréthroïdes synthétiques présentent une toxicité aquatique élevée (la concentration sans effet annoncée pour la cyperméthrine est estimée à 0,0001 μg/l, la valeur correspondante pour les insecticides organophosphorés, le diazinon et le propethamphos, étant de 0,01 μg/l – standards britanniques de qualité en matière d'environnement, exprimés en tant que moyenne annuelle). Les insecticides organophosphates présentent une toxicité aquatique moindre que les insecticides pyréthroïdes synthétiques et sont moins persistants que les insecticides organochlorés. Toutefois, ils ont une toxicité élevée pour l'homme (par conséquent, des problèmes peuvent survenir par exemple pour des opérateurs de teinture en présence d'organophosphatés volatils à la vapeur [279, L. Bettens, 2001] ).

    Tous les principaux pays producteurs ont interdit l'utilisation de pesticides organochlorés pour les soins des moutons, mais il existe des preuves selon lesquelles la laine en provenance d'anciens états de l'Union Soviétique et d'Amérique du Sud contient du lindane à des concentrations détectables. Ceci semblerait indiquer soit que leurs pâturages sont fortement contaminés, soit que ce composé continue à être utilisé occasionnellement pour le traitement des moutons contre les ectoparasites.

    La laine en provenance de la majorité des nations productrices contient des traces de médicaments utilisés légalement pour le traitement des moutons contre les infestations par les poux, les tiques et les acariens. Ces substances peuvent être des insecticides organophosphatés, généralement du diazinon, du propetamphos et du trans-chlorfenvinphos, des insecticides pyréthroïdes synthétiques, habituellement de la cyperméthrine, et des régulateurs de croissance d'insectes tels que le cyromazine. L'incidence de ces substances sur la laine est variable et dépend du mode d'utilisation légale autorisée dans chaque pays.

    Les fabricants peuvent utiliser une base de données, qui contient en termes de quantité l'information sur les teneurs de la laine en insecticides organochlorés, organophosphorés et pyrethroides synthétiques en provenance des principaux pays producteurs. L'ENco tient à jour une base de données de ce type. Les fabricants utilisent ces données pour éviter de transformer de la laine d'origine suspecte. Le système profite immédiatement aux fabricants qui achètent et transforment de la laine en provenance de sources connues. Il est possible que les façonniers de fibres en bourre ou de fils ignorent l'origine des fibres qu'ils transforment. Il leur est alors plus difficile de contrôler les matières premières entrantes en utilisant cette approche.

    De plus amples informations sur les ectoparasiticides sont fournies dans la section 2.3.1, qui examine le procédé de lavage de la laine.

    2.1.1.10 Soie

    La soie ne représente que 0,2 % de la production totale de fibres. Pourtant, cette fibre est très importante pour les articles de "niche", tels que les chemisiers, les vestes et écharpes pour dames.

    La soie provient du ver à soie, qui file un cocon autour de lui-même. Il s'agit d'une fibre protéinique comme la laine et constitue le seul filament naturel utilisé avec succès dans l'industrie textile (la longueur du fil varie de 700 à 1 500 m).

    La fibre de soie est constituée par des filaments de fibroïne enrobés de séricine (gomme de soie), qui doit être enlevée pendant le pré-traitement.

    2.1.1.11 Coton et lin

    La fibre de coton est principalement constituée de cellulose et de quelques autres composants présentés dans le tableau ci-dessous.

    Substance

    Teneur

    Cellulose

    88 à 96 %

    Substances pectiques

    0,7 à 1,2 %

    Cire

    0,4 à 1,0 %

    Protéines

    1,1 à 1,9 %

    Cendres

    0,7 à 1,6 %

    Autres composants organiques

    0.5 à 1.0 %

    Source : [186, Ullmann's, 2000]

    Tableau 2.1 : Composition chimique de la fibre de coton

    Dans le cadre de la production du coton, il est possible d'utiliser des produits chimiques tels que des pesticides, des herbicides et des défoliants, et des traces de ces produits peuvent subsister dans les fibres du coton brut qui arrive à l'usine textile. Toutefois, cela n’est pas une préoccupation pour l'industrie textile (le problème se situe plutôt auprès des producteurs). En fait, des tests menés entre 1991 et 1993 sur des échantillons de coton provenant du monde entier, ont révélé des teneurs en pesticides inférieures aux valeurs limites pour les denrées alimentaires. [11, US EPA, 1995] .

    D'autres sources ( [207, UK, 2001] ) font état, il y a quelques années, de balles de coton contaminées par le pentachlorophénol, qui était non seulement utilisé en tant que défoliant, mais également en tant que fongicide appliqué sur les balles de coton pendant le transport.

    Le lin est une fibre libérienne. De nombreux facteurs économiques ont contribué au fait que cette fibre a perdu beaucoup de son importance passée. Toutefois, le lin reste une fibre noble avec une large gamme d'applications.

    2.1.2 Produits chimiques et produits auxiliaires

    Un grand nombre de colorants/pigments organiques et de produits auxiliaires est appliquée dans l'industrie textile. Dans le présent document ils seront divisés dans les catégories ci-après :

    • colorants et pigments,
    • produits chimiques de base (également connus en anglais sous la désignation de "commodities"), qui comprennent tous les produits chimiques inorganiques, les agents réducteurs et les agents oxydants ainsi que les acides organiques aliphatiques,
    • les produits auxiliaires, qui englobent tous les produits auxiliaires textiles contenant principalement des composants organiques, à l'exception des agents réducteurs et oxydants organiques et des acides organiques aliphatiques. Ils sont également connus sous la dénomination de " Produits de spécialités" en mélange et sous forme de formules déposées, dont la composition n'est pas entièrement révélée.

    Pour donner une idée de la variété de produits disponibles sur le marché (en particulier pour les produits auxiliaires), il est intéressant de noter que le "2000 Textile Auxiliaries Buyers' Guide" reprend plus de 7 000 produits commerciaux à base de 400 à 600 composants actifs. Ils sont classés selon la nomenclature TEGEWA bien établie, en fonction de leur usage fonctionnel au sein du procédé de production, bien que la nature chimique de ces produits soit trop variée pour les attribuer explicitement à une seule catégorie.

    Pour des raisons pratiques, l'information concernant les colorants et les auxiliaires textiles est donnée dans le présent document dans des annexes séparées (voir sections 8 et 9).

    2.1.3 Manutention et stockage des matières

    Les matières premières sous forme de fibres arrivent sur le site en balles pressées, stockées dans un entrepôt couvert, qui peut également être utilisé pour entreposer et expédier des produits finis destinées aux clients.

    Les produits chimiques de base, les acides, alcalis et les produits chimiques auxiliaires en vrac sont normalement gardés dans une zone de stockage réservée ou délimitée. Les conteneurs de gros volume peuvent être placés en plein air. Les matières de grande valeur et qui sont sensibles à l'humidité ou à l'environnement sont normalement directement transférées dans la zone de préparation ("la cuisine à couleurs") d'où elles sont distribuées.

    Quelques colorants organiques synthétiques peuvent constituer un risque potentiel pour la santé. Pour cette raison, les cuisines à couleurs sont normalement équipées de systèmes d'extraction et de filtration de l'air, afin de supprimer les poussières sur le lieu de travail pendant la distribution.

    Les produits chimiques (colorants, pigments, produits chimiques de base et produits auxiliaires) sont quantifiés aussi bien sous forme de poudres que sous forme de solutions. Cette opération peut être réalisée manuellement ou au moyen de dispositifs de mesure assistés par ordinateur.

    Les quantités de produit nécessaires mesurées doivent en règle générale être distribuées, diluées ou mélangées avant l'alimentation des machines d'ennoblissement. On rencontre de nombreux systèmes dans l'industrie, allant de procédures totalement manuelles jusqu'aux procédures entièrement automatiques. Dans le cas de systèmes manuels, les produits chimiques préparés sont directement ajoutés dans la machine ou conservés dans une cuve de stockage à proximité de l'équipement, d'où s'effectue l'alimentation de la machine par pompage. Dans les sociétés de plus grande taille, les produits chimiques sont habituellement mélangés dans une station de mélange centralisée, qui assure l'alimentation des différentes machines par l'intermédiaire d'un réseau de tuyauteries. Les quantités et l'adjonction de produits chimiques et de produits auxiliaires font normalement l'objet d'un appel automatique en fonction de programmes prédéterminés (pour de plus amples détails concernant les systèmes de dosage et de distribution, voir section 4.1.3).

    Le vêtement

    Vêtement

    Le vêtement au travers des âges (périodes anciennes)
    Le vêtement au travers des âges (périodes

    anciennes)

    Un vêtement est un objet, en général en tissu, venant couvrir une partie du corps.

    L'histoire du vêtement est liée à l'histoire du costume dans un premier temps, puis à l'histoire de la mode.
    D'abord conçu pour protéger, le vêtement passe d'un rôle d'habitacle (simples peaux de bêtes) à un rôle d'outil quand il évolue afin de faciliter les mouvements puis à un rôle de parure quand il s'agrémente d'ornements.
    Ses évolutions progressives sont aussi liées aux exigences spécifiques qui sont attachées à sa fonction : vêtements de guerre, vêtements de travail, vêtements de sport, etc.
    Le rythme de transformation du vêtement s'acélère au cours du XIVe siècle du fait de l'évolution des techniques et de l'évolution des échanges commerciaux.

    Rôles des vêtements 

    Intempéries 

    La fonction de protection contre les agressions du climat est généralement reconnue comme le premier rôle des vêtements, essentiellement la protection contre les intempéries :

    Un Néandertal habillé de fourrure

    Un Néandertal habillé de fourrure
    Ancien imperméable japonais

    Ancien imperméable japonais
    • Froid : Les tissus empêchent la circulation de l'air froid sur de la peau, ils évitent donc l'apport d'air froid contre la peau et la fuite de l'air réchauffé par la peau, par ailleurs, les fibres des tissus piègent de l'air et l'immobilisent, or l'air immobile a une très mauvaise conductivité thermique (cet effet est utilisé pour les doubles vitrages) ;
    • Soleil : En arrêtant les rayonnements ultraviolets et infra-rouge, ils empêchent les brûlures (coup de soleil) ; les vêtements clairs réfléchissent le rayonnement global et protègent de la chaleur ;
    • Précipitations (pluie, neige) : Certains tissus, dits « imperméables », empêchent l'eau de rencontrer la peau. L'eau est un bon caloporteur contrairement à l'air, utilisé de ce fait pour les circuits de chauffage central. L'eau froide ou la neige entraînent donc un refroidissement très important du corps.

    Pudeur 

    Louis Julius et Ada Augusta Freudenberg, avec son mari, Ralph Kohlman vers 1916 à Matavan Beach, New Jersey

    Louis Julius et Ada Augusta Freudenberg, avec son mari, Ralph Kohlman vers 1916 à Matavan Beach, New Jersey

    Les vêtements protégent la pudeur.

    Dans de nombreuses sociétés, il est mal vu de dévoiler son corps et, dans la majorité, les organes sexuels doivent être cachés. Les vêtements, en cachant le corps, dissimulent également les réactions primaires et instinctives (comme la chair de poule, l'érection de l'homme) et, permettent donc de faire passer le dialogue, la réflexion, avant les instincts. Par ailleurs, la vue des caractères sexuels primaires et secondaires (organes génitaux, fesses, poitrine féminine) provoque souvent un désir, une attirance ; masquer ces organes permet de voir chez l'autre un individu avant d'y voir un partenaire sexuel potentiel et, donc là encore de faire passer le dialogue avant l'instinct.

    On peut à ce titre se demander si la pudeur a précédé les vêtements — comme le laisserait à penser les cache-sexes de peuples vivant quasiment nus, comme par exemple les étuis péniens d'Océanie ou les pagnes —, ou bien si la pudeur résulte du masquage du corps, rendant la vision de celui-ci inconvenante même lorsque le temps permettrait de le découvrir — voir par exemple l'arrêté municipal de Deauville de 1996 interdisant le torse nu en dehors de la plage, ou bien les témoignages de pratiquants du nudisme (l'émoi serait créé par le manque).

    Séduction 

    Certains vêtements peuvent avoir un rôle mécanique en étant conçus pour modeler le corps, notamment dans le but de correspondre à certains canons esthétiques, comme le corset, la gaine, etc.
    Ainsi, dès l'Antiquité, les femmes se bandent les seins avec une étoffe afin de répondre aux critères esthétiques de l'époque.[1]

    Cette fonction détourne le rôle lié à la pudeur. Par exemple, certains vêtements sont conçus pour guider le regard vers les caractères sexuels ou pour les laisser transparaître, les suggérer. On lira à ce sujet l'article sur les décolletés ou celui sur les vêtements moulants.

    Classe et signification sociales 

    La robe d'Alim Khan est un message social

    La robe d'Alim Khan est un message social

    Les vêtements sont visibles. Les vêtements sont souvent utilisés pour mettre en valeur celui ou celle qui les porte, ils sont parfois le signe de la classe sociale, de la fonction (uniforme de police, de sapeur-pompier, de l'armée).

    Ils sont souvent un facteur d'intégration dans un groupe (phénomènes de mode, notamment de marque chez les adolescents).

    La forme ou la couleur des vêtements sont fréquemment porteuses d'un symbole fort. Ainsi en Europe, les femmes ont longtemps porté exclusivement des robes et des jupes, c'est-à-dire des vêtements laissant symboliquement le « libre accès » à leur sexe. En Europe, le noir est la couleur du deuil et, le blanc celle de la pureté, de la virginité, donc la couleur du mariage. Par contre, en Asie, le blanc est la couleur du deuil.

    Dans la culture musulmane, il n'y a pas de différence entre la tenue liturgique et la tenue de la vie quotidienne. En islam, la vie religieuse et la vie profane sont beaucoup plus imbriquées l'une dans l'autre, on passe constamment de l'une à l'autre sans aucune transition autre que les ablutions. En effet, la fonction essentielle du vêtement de la vie quotidienne, c'est de permettre et de faciliter l'accomplissement de la prière.

    Il y a un continuum entre la vie quotidienne et la vie liturgique, cinq fois par jour (la prière constitue la colonne vertébrale de l'existence, son axe) et le vêtement doit faciliter ce passage pour s'adapter à la prière.

    Elle implique l'homme tout entier, corps et âme, puisqu'elle est l'enchaînement de mouvements et de postures (depuis la position debout jusqu'à la prosternation complète). Le vêtement doit donc pouvoir épouser les mouvements du corps. Dans tous les pays musulmans, le costume traditionnel se distingue par son ampleur pour permettre les ablutions.

    Le vêtement musulman, lui, voile les formes du corps, non pas pour les nier, mais pour les reléguer au rang des choses qui ne doivent se dévoiler que dans l'intimité et qui à cause de cela doivent demeurer cacher aux yeux de la foule.

    En islam, toute femme adulte peut être voilée, le voile n'est pas spécifique d'une catégorie de "religieuses", catégorie qui n'existe pas en islam, tout simplement parce que la distinction vie religieuse / vie profane qui justifie et valorise à nos yeux le voile des religieuses chrétiennes, n'est pas pertinente dans l'islam: toute vie profane est religieuse, en particulier toute vie féminine, ou pour l'exprimer autrement par une formule qui fait un peu formule-choc: l'islam est un couvent laïc, un couvent, parce que, comme dans les monastères chrétiens, les femmes sont voilées, les sexes strictement séparés; "laïc", dans ce sens que les sexes se rencontrent cependant pour une vie sexuelle normale.

    Protection 

    Les vêtements ont un rôle de protection notamment contre les agressions mécaniques et chimiques (éraflures, plaies, brûlures).

    Ce rôle apparait au XVIIe siècle où les médecins qui soignent les pestiférés tentent de se protèger derrière des remparts d'étoffe.[1]

    Ce rôle est très important dans les vêtements professionnels, ceux-ci constituent fréquemment des équipements de protection individuels (EPI). C'est le cas des blouses, bleus de travail, casques, et dans les cas extrêmes des armures (dont les gilets pare-balles). Les vêtements protègent également, de manière globale, contre les salissures, et participent à l'hygiène en contribuant à la propreté du corps (évacuation de la transpiration).

    Types de vêtements 

    Culture occidentale contemporaine 

    Culture occidentale historique 

    Autres cultures 

    Vêtements pour enfants 



    Coût d'un vêtement 

    Source : Le vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997. ISBN : 2-09-182472-0

    matières première et fournitures de 8% à 14%
    main d'oeuvre de 5% à 14%
    frais divers de 2% à 3%
    marge fabricant de 15% à 17%
    marge magasin de 55% à 67%

    Vêtements et éthique 

    La plupart des produits textiles sont fabriqués dans le Tiers-Monde, et particulièrement en Asie. Certains matériaux utilisés sont parmi les plus polluants. La culture du coton, par exemple, utilise 28% des pesticides mondiaux, alors qu’il ne représente pas plus de 2,5% des terres cultivées. La mode a une responsabilité dans les principaux enjeux sociaux et environnementaux. En Europe, des créateurs ont pris conscience de ces enjeux et proposent des créations plus respectueuses de l'homme et de l'environnement. (Misericordia, les baskets Veja, Ideo)

    Source 

    1. ab Nathalie Bailleux et Bruno Remaury, Modes et vêtements, Éditions Gallimard (ISBN 2-07-053270-4)
    2. [1]


    L'artisan et ses lointaines origines( C. Auger et L. Lapierre)

    PARTIE 1

    D’aussi loin qu’il s’en souvienne, l’être humain, créature organisée socialement, a connu ses artisans, talents artistiques assurant un élan créateur à la communauté. Ainsi, il y a des milliers d’années, l’homme préhistorique, enfoui bien au chaud dans sa caverne enneigée, profitait des temps rigoureux et froids pour se remémorer et inscrire à jamais ses chasses au mammouth sur les murs de son modeste logis. Toutes les civilisations sentirent ce besoin profond et manifeste d’enraciner et de matérialiser leur sens esthétique, de représenter leur quotidien, leur vécu ou leur imaginaire, de créer des objets qui dépassaient la seule fonction utilitaire. Les artisans d’époques lointaines, Assyriens, Égyptiens, Grecs, Romains, Orientaux et d’autres cultures légendaires, fabriquèrent des paniers, des vases, des poteries, des ustensiles divers, des pièces d’orfèvrerie, travaillèrent les peaux, tissèrent et brodèrent leurs vêtements, sculptèrent des outils et décorèrent leurs demeures de mosaïques magnifiques.

    Les civilisations ont rapidement cherché à distinguer les objets utilitaires des objets d’apparat travaillés avec une minutie soucieuse et artistique, destinés aux dieux, aux temples, aux palais. Objets de mystère, rites sacrés, certaines techniques artisanales furent jadis réservées à une élite élue et protégée par les divinités: le travail du forgeron était un art des ténèbres, alors que l’affinage des minerais de la terre s’imposait dans une métamorphose surnaturelle.

    L’artisan[1] transmettait son savoir à ses enfants ou l’enseignait à des jeunes qui entraient en apprentissage chez lui afin d’apprendre les rudiments du métier durant de longues années, pour devenir « compagnons ». Plus tard, ils auraient enfin la possibilité de se distinguer par leurs œuvres et de devenir maîtres à leur tour. La fabrication des objets de luxe liés aux cultes et aux cérémonies demeurait souvent le privilège jalousement gardé par des familles ou des clans très fermés, noyaux de célèbres guildes médiévales.

    Exposé aux forces habituelles du commerce, l’artisan a depuis longtemps cherché à s’organiser: selon les traces historiques qu’il en reste, les premières organisations d’artisans dateraient de l’époque romaine mais se seraient définitivement implantées vers le Xe siècle. Alors qu’émergeait une nouvelle classe sociale, soit une classe moyenne composée principalement de commerçants (les fabricants), a dû réagir à cette croissance: les villes se sont dotées d’un système de guildes, consistant à mettre en place des normes pour les artisans et les commerçants. Ainsi, tous les cordonniers, par exemple, appartenaient à la guilde des cordonniers et étaient installés dans le même quartier, vendant tous leur marchandise au même prix, soit le « juste prix » établi par la guilde. De plus, chaque guilde de métier déterminait la quantité et la qualité des biens produits et veillait à faire respecter les hiérarchies entre apprentis, compagnons et maîtres.


    [1] Pour plus détails sur l’histoire des artisans, visitez les sites suivants:


    http://www.sasked.gov.sk.ca/docs/francais/fransk/schumaines/9e/unite2/feuilleb12.html

    http://www.civilization.ca/arts/bronfman/historyf.html

    www.metiers-d-art.qc.ca/cma/historique.html