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Défricheurs de tendances et premiers de la classe Audrey Levy 30/01/2008 | Mise à jour : 16:19 | . En marge de leurs études, certains jeunes vivent si intensément leur passion pour la mode qu' ils se bousculent pour en apprendre davantage sur la construction d'un vêtement ou les styles de 1680 à nos jours… On peut s'inspirer de Kate Moss ou de Nicole Richie, porter un slim, des low boots, des lunettes oversize, et vouloir percer les mystères théoriques et pratiques de la mode. Les professionnels ont donc concocté pour un public plutôt jeune, novice et curieux, des programmes sur mesure capables de compléter une pratique assidue du lèche-vitrine et la lecture régulière des magazines. Apprendre à regarder un vêtement, le dessiner, découvrir les techniques d'un couturier ou d'un styliste, c'est ce que propose par exemple un nouveau programme d'atelier des Arts décoratifs à Paris. Plus théorique, l'École du Louvre a ouvert, depuis la rentrée, un cours intitulé «Histoire de la mode et du costume, les mécanismes de la mode en France de 1680 à 2000». Rien à voir avec les cours académiques dispensés par les écoles de mode aux futurs professionnels, ni avec les ateliers culturels et créatifs proposés par la ville de Paris rassemblant une flopée de bobos à l'affût du «c'est moi qui l'ai fait». Ici, on décortique les codes de la mode à la lumière des phénomènes historiques. En associant théorie et exemples concrets puisés dans leurs propres collections, ces institutions ont su attirer un nouveau public. Un vrai succès : depuis la rentrée, ces cours, sans condition préalable de diplôme, affichent complet. Parmi les 180 places proposées par l'École du Louvre, on dénombre, outre les 40 élèves de l'école, 140 auditeurs libres, amateurs ou passionnés, qui s'y précipitent souvent entre deux séances de travaux dirigés à la fac. Plus sélectifs encore, les Arts décoratifs n'offrent que 18 places, en grande majorité à des lycéens peu intéressés par des cursus trop scolaires, qui parfois se découvrent une vocation. «Au début, j'étais très attirée par le contenu, maintenant je suis certaine de vouloir en faire mon métier», affirme une jeune fille qu'on croirait tout juste sortie d'un manga. «Les jeunes suivent les codes vestimentaires qu'on leur montre dans les médias. Le vêtement est un marqueur social, révélateur d'une culture et d'une appartenance sociologique, analyse Bertrand Meyrat, chargé de mission à l'École du Louvre. Paradoxalement, la mode est aussi un élément p our se démarquer et affirmer son individualité.» Dans ces cours, il n'est absolument pas question de bricoler des tenues excentriques en mâchant un chewing-gum… Chaque semaine, pendant une à deux heures, encadrés par des experts et des enseignants spécialisés, ces jeunes adeptes se forgent une véritable culture mode : apprentissage du croquis, cours sur les matières, élaboration d'un cahier de tendances, conférences sur l'histoire du costume… Au-delà du glamour «Ils arrivent avec pas mal de clichés. On leur remet les pieds sur terre en leur montrant les réalités du métier : la démarche d'un créateur, les exigences du marché », détaille Grégory Drouin, styliste et professeur aux Arts décoratifs. «Les explications théoriques sont parfois un peu ardues mais elles deviennent rapidement accessibles, une fois confrontées aux œuvres des musées », soutient une étudiante venue croquer les modèles de la dernière exposition Lacroix. Face à cet engouement, certains éditeurs proposent des jeux vidéo qui initient de façon ludique au métier de styliste. Après le succès de Léa, passion mode et Jeune Styliste, qui en est à sa cinquième édition, la dernière trouvaille s'appelle Zoé, créatrice de mode. Un jeu qui va au-delà du simple habillage de mannequins : « Il faut sortir les ciseaux, la machine à coudre et le fer pour réaliser de A à Z chaque nouvelle commande », explique le chef de projet, Jean-Michel Stenger. Loin de l'univers glamour des podiums, le joueur, tel un vrai créateur, doit faire ses preuves pour devenir Zoé, la créatrice du moment, et réaliser les plus belles collections à partir d'une dizaine de patrons disponibles. Pas le droit à l'erreur. Son travail est ensuite évalué, selon trois critères : le temps de la réalisation d'un modèle, la précision de la couture et le style. On s'y croirait. Ateliers du Carrousel, rens.: 0144555902. École du Louvre, www.ecoledulouvre.fr Léa, passion mode, Nintendo DS, Ubisoft, 39,99 €; Jeune styliste 5, DVD-rom, PC/Mac, Carré multimédia, 30 €; Zoé, créatrice de mode, Nintendo DS, 505 Games, 34,99 €.
. Un coup de pouce apprécié
L’industrie de la mode et du vêtement est florissante au Québec, mais avec des compétiteurs aussi gros que la Chine, il est désormais difficile de garder la tête haute et de continuer sur la voie de la réussite.
Capitale de la mode au Canada, suivant de peu Los Angeles et New York en Amérique du Nord , la ville de Montréal se positionne comme véritable leader dans le domaine manufacturier. Cependant, les lois ayant changées au niveau de l’importation dans les dernières années, les créateurs ont de plus en plus de mal à faire leur travail convenablement. En effet, entre 2000 et 2006, ce sont plus de 25 000 emplois qui ont été perdus, et s’il ne se passe pas quelque chose de majeur, il va falloir craindre la disparition des artisans qui ont contribué à faire la réputation de la métropole.
Heureusement, cette année le gouvernement a décidé d’agir en injectant plusieurs millions dans ce domaine qui emploie plus de 28 000 personnes au Québec, dont 22 800 à Montréal seulement. Profitant de la Semaine de Mode de Montréal, le ministre du Développement économique Raymond Bachand a donc annoncé un investissement de 82 millions de dollars sur une période de trois ans.
Cette stratégie appelée PRO-MODE vise cinq axes d’intervention divisés comme suit: - 15 millions pour favoriser l'adaptation des modèles d'affaires
- 15 millions pour encourager les étapes de pré-commercialisation, de commercialisation et d'exportation
- 40 millions pour appuyer le recours au design et aux technologies avancées
- 3 millions pour faire la promotion de Montréal comme ville de la mode
- 8,7 millions pour renforcer le développement de la main-d'oeuvre et rendre l'environnement plus favorable
«On a beau être bons, il faut encore que les autres le sachent si vous voulez qu'ils achètent vos produits», a lancé le ministre du Développement économique, Raymond Bachand.
On peut donc espérer voir grandir notre fierté encore un peu plus, et contribuer en encourageant ce qui est créé et réalisé chez nous.
Par Mélanie Malo | Le designer de mode travaille en équipe. Son rôle est de créer mais au delà de la création, il y a la fabrication et la commercialisation du produit. A moins de travailler pour son compte et d’être expert dans la création comme dans le marketing le styliste doit donc savoir s’entourer de partenaires. La plupart du temps la création d’un produit s’effectue de la manière suivante : le styliste crée un modèle, il choisit le tissus adéquat. Puis le modèle passe entre les mains d’un modéliste qui passe le modèle en image 3D, fera un patron et les essayages. Ensuite vient l’étape de la confection réalisée par un professionnel ou par des machines. Le styliste peut exercer dans différents environnements : à domicile ou chez l’employeur dans un atelier de confection, une entreprise de prêt-porter, un bureau de design etc. Il peut aussi suivant ses goûts choisir de travailler en entreprise ou sa tâche sera plutôt celle de conseiller les industriels. Ses principales qualités seront d’être créatif, imaginatif et innovant. Il doit sentir ce qui aura la côte auprès des clients dans l’avenir. Il est également polyvalent. Maîtriser les techniques de la création ne suffit pas, il doit connaître l’informatique, la gestion, les techniques de commerce etc. Le métier ne fait pas que des stars de la mode. C’est en effet très difficile de vivre de ses créations car le coût de fabrication revient souvent plus cher que le coût de rendement. De plus, les horaires de travail sont assez contraignants et irréguliers dépendant beaucoup des dates de manifestations commerciales ou des délais de livraison. Côté formation, le métier de designer de mode est accessible, avec quelque année d’expérience, après un DEP design de mode, textile et environnement. Il existe également un grand nombre d’écoles privées proposant des formations au design en 3, 4 ou 5 ans. | | | | | | | | | | | | | | | | |
| Modéliste Profil : plutôt manuel, le modéliste possède une bonne connaissance du textile et de la couture, parle anglais, l’italien peut être un plus. Débouchés : le modéliste réalise la conception du vêtement, à plat sur patron, ou en moulage sur mannequin. Les postes ne manquent pas dans les ateliers ou chez les grandes marques. La hiérarchie est précise : le poste en bas de l’échelle est celui de petite main, suivi par la seconde main, ensuite par la première main (qui comporte 5 niveaux), le second d’atelier, le premier d’atelier et enfin le chef d’atelier. Témoignage : Myriam, 41 ans, seconde d’atelier chez Chanel. « Après un CAP en couture, j’ai travaillé, en tant que mécanicienne modèle chez un modéliste pendant 1 an, puis 1re main débutante en haute-couture pendant 3 ans. Ne voyant pas aucune évolution possible, j’ai passé 6 ans en intérim dans le milieu de la haute-couture et du prêt-à-porter de luxe avant de finir chez Chanel où je suis 2nde d’atelier. L’aspect technique est prépondérant, on apprend sans arrêt, et mon expérience en couture et en intérim m’a beaucoup apporter à ce niveau. C’est un métier de passion, de patience, de rigueur et de minutie ! » Patronnier-gradeur Sur la chaîne de fabrication, le patronnier-gradeurintervient après le modéliste. Ce métier consiste à établir les tailles d’un vêtement à partir d’un modèle standard afin d’en réaliser les patrons. Pour cela, il doit calculer les rapports qui permettent de passer d’une taille à l’autre en adaptant les données d’un modèle. Il travaille soit manuellement, soit avec un logiciel informatique qui permet d’ajouter ou d’enlever parfois seulement quelques millimètres aux différentes parties qui composent un modèle : encolure, manche, etc. Pour les grandes séries, ce sont ensuite des milliers de vêtements qui seront fabriqués d’après le patron que le patronnier-gradeur aura mis au point : il ne peut donc y avoir de place pour la moindre erreur ! Coupeur Impossible de fabriquer vêtements et accessoires sans passer par lui. Son rôle est d’effectuer le placement, le traçage et le découpage des pièces qui composent un article. Il intervient après le patronnier-gradeur et doit scrupuleusement respecter les mesures qui lui sont communiquées, au risque de devoir gâcher des milliers de pièces. Outre sa grande précision, le coupeur, qu’il œuvre dans l’industrie du cuir ou dans celle de l’habillement, devra parfaitement connaître les matériaux sur lesquels il travaille. Pour le cuir, la découpe se fait souvent à la presse avec emporte-pièce ou à l’aide d’un tranchet. La découpe du tissu se fait à l’aide de ciseaux ou plus généralement d’une scie électrique. Ce métier tend à s’informatiser : le placement des pièces de tissu ou de cuir se fait automatiquement et la découpe est gérée par ordinateur.
Une teinture est un colorant absorbé par le support et qui se mélange à sa couleur initiale, au lieu de la recouvrir comme un pigment. Par exemple un tissu bleu plongé dans un bain de teinture jaune deviendra vert, par combinaison du bleu et du jaune.
Le principe de la teinture nécessite un produit colorant, un fixateur et de l'eau.
Les teintures sont utilisées en cosmétique pour les cheveux, en ameublement pour teinter les bois ou les textiles, en maroquinerie pour le cuir, en peinture, etc.
Historique
L'indigo, une teinture bleue extraite de l'indigotier est une des plus vieilles teintures connues, des traces en ont été retrouvées sur des vêtements tissés de l'Égypte antique.[1]
1 000 avant J.C., le port de Tyr était réputé pour le pourpre.[1]
En 1850, la découverte des sels de chrome comme mordant pour fixer la teinture dans les fibres du tissu permet la réalisation de teintures dont les couleurs ne déteignent plus.[1]
En 1856, William Henry Perkin découvre par erreur la mauvéine alors qu'il tentait de synthétiser de la quinine qui a la propriété de teindre la soie et donna naissance à toute une famille de teinture.[1]
La garrance et l'indigo furent synthétisé respectivement en 1869 et en 1897. Ces teintures synthétiques sont des teintures azoïques organiques. [1]
Depuis le début des années 1990,
l'emploi des colorants de synthèse dans le secteur du textile est
soumise à une réglementation stricte car certains produits utilisés
auparavant libéraient des substances cancérigènes.[2]
Types de teintures
- Teintures naturelles :
- Bleu : indigotier, feuilles de guède, baie de sureau
- Brun à noir : enveloppe de noix, café, chou, écorce de saule ou de bourdaine.
- Jaune : achillée, pelures d'oignon, thé du paraguay, fleurs de camomille, érable, absinthe, tanaisie, mûre
- Rouge : racines de garance, cochenille, oeufs de kermès, henné
- Pastel, pâte de pigments colorés aux tons clairs
- Pourpre : murex
- Vert : prêle, minium, graines de caroube
- Violet : rose trémière, fleur de souci
Teinture et textile
Elle peut intervenir à différents moment de la fabrication du vêtement : sur le fil (avant ou après la filature, on parle de tissé teint), sur le tissu tissé (on parle de teint en pièce) ou sur le vêtement terminé (pratiqué surtout depuis les années 1980).
Il existe trois méthodes de teinture dans le textile :
- la teinture directe, le tissu est directement plongé dans le bain
de teinture, cette méthode est jugé peu fiable car elle favorise le
dégorgement.
- la teinture directe par mordançage, la fibre est préparée à l'action de la teinture par un produit, le mordant ;
- la teinture indirecte, le tissu est imprégné de différents produits
qui provoquent l'apparition ou la fixation d'une couleur par réation
chimique.
Note
Couleurs rares, anciennes et perdues
Inge Boesken Kanold est
artiste peintre avec un intérêt particulier pour les
couleurs rares, anciennes et perdues.
En
1975, pendant un long
séjour en Asie, elle commence ses recherches en
Indonésie où elle retrouve les premières traces
d’une nouvelle récolte d’indigo. Les peintures des
années trente sur l’île de Bali l’incitent à
s’intéresser à l’origine de ces couleurs qui se
composent de pigments comme l’ocre, le cinabre,
l’orpiment, le noir de suie, le blanc des os
calcinés.
En 1979, séjournant au Liban,
elle travaille avec des scientifiques de
l’Université Américaine de Beyrouth (AUB) sur la
fabrication de la pourpre ancienne à partir d’un
escargot de mer, le murex Hexaplex trunculus.
En 1982, elle s’installe à
Lacoste en Provence. Les marchés du pays lui
fournissent les coquillages dont elle a besoin pour
recréer en 1993 une couleur perdue au VII e siècle
de notre ère : le Tekhelet, le bleu de la Bible,
qui n’est autre que l’indigo issu de la mer.
En Janvier 2001, elle reconstitue avec
John Edmonds et d’autres spécialistes de la pourpre
une cuve à l’ancienne avec des escargots de mer
frais (Hexaplex
trunculus) dans les ateliers du
Conservatoire des Ocres et de Pigments Appliqués à
Roussillon.
Toujours à la poursuite des recettes anciennes
perdues, elle s’aventure lors de la préparation de
l’exposition "Peaux de Peinture" au printemps 2001,
dans le domaine du parchemin coloré et des
manuscrits dits pourpres.
Selon des scientifiques d’aujourd’hui, les
enluminures et codices dits pourpre ne sont, dans
la grande majorité des cas, que des documents de
couleur rouge violet obtenu avec d’autres colorants
imitant pour ainsi dire la pourpre royal.
Après des semaines d’essais, Inge Boesken Kanold
réussit finalement à teindre et à peindre le
parchemin. Heureusement il existe encore des
parchemineries artisanales en Europe de nos jours.
Ainsi pouvait-elle se procurer la matière de base
pour ensuite les travailler avec la sécrétion de la
glande hypobranchiale du
H. trunculus qui habite toujours,
comme autrefois, la Méditerranée.
Depuis ses expériences avec la cuve de fermentation
à base de
H. trunculus frais, I.B.K. cherche
un moyen de conserver les mollusques à pourpre pour
s’en servir ultérieurement. Ainsi, elle découvre en
août 2001 qu’elle peut "stocker" les glandes dans
du gros sel sans que la qualité de la cuve en
souffre.
Ceci est d’une importance majeure pour les
historiens car cela expliquerait finalement
pourquoi des fabriques de pourpre ont pu exister en
Haute - Egypte loin des côtes.
Au début de 2005, sa visite des
peintures murales retrouvées à Akrotiri, Thera, sur
l’îsle de Santorin devient un point de départ pour
de nouvelles expériences autour du pigment ancien.
Les analyses avaient montré que certaines peintures
portaient des traces de pourpre naturelle. Ainsi,
jusqu’à présent, ces œuvres-là sont les plus
anciennes preuves d’application de vrai pourpre
dans le monde pictural. Les fouilles sur ces lieux
avaient même fourni une petite quantité de pigment
pourpre qui s’est préservée pendant 3600 ans sous
les cendres d’un volcan.
En
octobre 2005, vingt-six ans après les
premiers essais, elle réussi finalement le pigment
pourpre pour peinture. Désormais elle peut
l’utiliser avec tout liant maigre que ce soit la
gomme arabique, le blanc d’œuf et même l’acrylique.
Cette redécouverte d’un pigment perdu rejoint et
confirme les écrits de Pline, l’ancien, parlant
d’un
purpurissum à base d’une craie,
la
creta argentaria.
La cuve de pourpre par fermentation
En janvier
2001, le Conservatoire des Ocres et Pigments
Appliqués de Roussillon, en Vaucluse (France),
organisa un Atelier Pourpre . C’était une réunion
privée de spécialistes de la pourpre et des
scientifiques internationaux en vue de reconstituer
la teinture à l’ancienne à partir des murex
Hexaplex trunculus frais.
L’idée de cette réunion avait germé à Edimbourgh en
octobre 2000, lors de la conférence annuelle du
DHA, Dyes in History and Archeology.
John Edmonds, un des participants venait de publier
un livret "Tyrian or Imperial Purple Dye, Historic
Dye Series No 7" qui décrivait pour la première
fois, une cuve de fermentation avec quelques
grammes d’extrait en poudre de murex provenant
d’Israël et, pour démarrer la fermentation, de la
matière organique d’autres mollusques d’origine
britannique.
Grâce à une température et une alcalinité
correctes, c’est probablement, comme pour la cuve
de pastel, une bactérie de la famille des
Clostridium qui se développe dans
la préparation. Huit à dix jours plus tard, le bain
est prêt à teindre en pourpre.
En ouvrant le
H. trunculus - appelé "escargot de
mer" en Provence - à l’endroit où se trouve la
glande hypobranchiale, on l’expose à la lumière et
à l’oxygène, ce qui déclenche le devenir d’une
couleur.
De l’incolore, elle vire au jaune, au vert, au bleu
pour terminer en une couleur aux multiples nuances
violettes entre le bleu et le rouge.
Chaque animal - selon son habitat, son âge, son
sexe, sa nourriture - donne une identité de
couleur. Or, si l’on mélange une quantité de
glandes coupées pour un bain de teinture, le
résultat est une seule couleur, qui peut être
influencée par les recettes du teinturier.
Nous avons réussi cette reconstitution d’une cuve
de pourpre à l’ancienne avec une belle couleur
bleue sur soie et violet foncé sur laine.
2 PROCEDES ET TECHNIQUES APPLIQUES 
http://aida.ineris.fr/bref/bref_text/breftext/francais/bref/chap_02_01.htm (pour schema et liens de references).
La chaîne textile commence à la production ou à la récolte de la fibre brute. Les étapes de base au sein de cette chaîne seront décrites dans ce chapitre.
La majeure partie de ce chapitre va décrire les traitements que l'on appelle, d'une manière générale, "procédés d’ennoblissement" (c'est-à-dire le pré-traitement, la teinture, l'impression, les apprêts et l'enduction, y compris le lavage et le séchage). Comme l'indique le schéma, ils peuvent être réalisés à différents stades du procédé de production: les supports destinés à l’ennoblissement peuvent être des étoffes, des fils ou des fibres en bourre.
L’"ennoblissement textile" ne peut être défini comme étant une succession immuable de traitements, mais consiste plutôt en une combinaison de procédés unitaires, qui peuvent être appliqués dans le cadre de la production d'un produit textile selon les exigences de l'utilisateur final. Pour cette raison, les traitements d’ennoblissement seront décrits (de la section 2.6 à la section 2.11) en tant que procédés unitaires, sans prendre en considération l'ordre possible dans lequel ils peuvent être exécutés.
Dans la deuxième partie de ce chapitre (voir section 2.14), une distinction a été faite entre le secteur de l’ennoblissement des tapis et le reste de l'industrie de l’ennoblissement. Des catégories type d’activité ont été identifiées pour chacun des secteurs. L'industrie du lavage de la laine a également été déterminée comme un secteur autonome. Ces catégories présentent des caractéristiques distinctes, qui font l'objet d'une brève description.
Outre les fibres, les matières premières de l'industrie textile comprennent une large gamme de produits chimiques et de produits auxiliaires. Souvent, ces produits chimiques et produits auxiliaires ne sont pas spécifiques à un procédé et peuvent être trouvés à différentes étapes du processus de production. C'est la raison pour laquelle il a été considéré comme plus pratique de présenter la description de ces questions dans des annexes séparées (Annexe I : Produits auxiliaires textiles et Annexe II : Colorants et pigments), Le présent chapitre ne fournira que des informations générales sur les matières brutes textiles, y compris les procédures habituelles de stockage et de manutention.
De même, étant donné l'utilisation multifonctionnelle des machines durant le cycle de production, l'équipement fait l'objet d'une annexe spécifique (Annexe III : Procédés par voie humide : machines et techniques).
2.1 Matières premières 
2.1.1 Fibres 
Dans l'industrie textile, on utilise deux catégories de fibres : les naturelles et les chimiques Les fibres chimiques regroupent à la fois les matières purement synthétiques d'origine pétrochimique et les matières cellulosiques régénérées fabriquées à partir de fibres de bois. Une classification plus détaillée des fibres est la suivante :
- Fibres d'origine naturelle
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laine brute fibre de soie poil
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fibre de coton brut lin jute
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amiante (non utilisée dans l'industrie textile)
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viscose, cupro, lyocell acétate triacétate
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polymère inorganique
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le verre pour les fibres de verre le métal pour les fibres de métal
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polymère organique
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polyester polyamide polyacrylique polypropylène élasthanne |
Les fibres, dont traite ce document, sont décrites plus en détail ci-dessous, en mettant en particulier l'accent sur les impuretés types qu'elles contiennent. Une partie de ces impuretés va entrer dans le processus textile et influencer les émissions associées.
2.1.1.1 Fibres de polyester
Les fibres de polyester sont formées de macromolécules linéaires présentant dans la chaîne au moins 85 % d'un ester. Actuellement, trois polymères polyester sont commercialisés :
- le poly(éthylène téréphtalate) (PET) à base d'éthylène glycol,
- le poly(butylène téréphtalate) (PBT) à base de butylène glycol,
- et le polytriméthylène téréphtalate (PTT) à base de triméthylène glycol.
Toutefois, jusqu'à présent un seul de ces trois polymères, à savoir le poly(éthylène téréphtalate), également connu sous la désignation de PET, a été largement utilisé dans l'industrie textile. Par conséquent, dans les sections qui suivent, sauf indication contraire, le terme PES sera utilisé pour désigner les fibres de polyester standard à base de PET.
Les fibres de PET possèdent un degré de cristallinité très élevé, ce qui leur confère une excellente résistance à la chaleur et d'autres propriétés mécaniques. D'autre part, cette structure compacte empêche la diffusion des colorants à l'intérieur de la fibre pendant la teinture. Il en résulte que les fibres de PET ne peuvent être teintes à une température inférieure à 100°C, à moins d'utiliser des accélérateurs de teinture (appelés véhiculeurs). Les véhiculeurs sont nuisibles pour l'environnement et, dans de nombreux cas, toxiques pour l'homme. Leur utilisation est actuellement en baisse, mais elle a été de pratique courante pendant de nombreuses années (voir également sections 2.7.8.1 et 8.6.7).
Des fibres de polyester qui peuvent être teintes sans véhiculeurs sont actuellement disponibles sur le marché. Celles-ci comprennent les "fibres de polyester modifiées" ainsi que les fibres de PTT (voir liste ci-dessus). Les "fibres de polyester modifiées" sont à base de PET. Grâce aux modifications physiques et chimiques apportées à la structure de la fibre pendant le procédé de fabrication, elles présentent une cristallinité inférieure, ce qui les rend plus faciles à teindre sans véhiculeurs. Toutefois, en raison de leur coût élevé, l'application de ces fibres est limitée à des segments de marché spécifiques.
En ce qui concerne le PTT, c'est un polyester aromatique (polytriméthylène téréphtalate) qui est réalisé par polycondensation de 1,3-propanediol et d'acide téréphtalique. Le coût élevé de la synthèse du 1,3-propanediol a empêché, pendant de nombreuses années, la commercialisation de cette fibre. Récemment Shell s'est engagé dans une nouvelle voie de synthèse d'un coût moindre pour la production de ce monomère, ce qui s'est traduit par un regain d'intérêt pour les polymères PTT [178, VITO, 2001] . Pour plus d'information sur ces fibres, voir section 4.6.2.
En ce qui concerne les fibres de polyester en général, il est également utile de mentionner que, pendant la réaction de polycondensation, des oligomères cycliques d'une très faible solubilité dans l'eau peuvent se former (1 à 3 % du poids de la fibre [77, EURATEX, 2000] ). Ces oligomères ont tendance à migrer vers la surface de la fibre pendant la teinture, ce qui induit un effet négatif sur l'unisson et les solidités au frottement.
2.1.1.2 Fibres de polyamide
Le polymère de départ résulte de la réaction de polycondensation entre une diamine et un acide dicarboxylique. En fonction du nombre d'atomes de carbone dans le monomère, le produit final pourra être appelé polyamide 6.6 ou polyamide 6.
Le polyamide 6.6 est synthétisé par la polycondensation thermique de quantités équimoléculaires d'acide adipique et de 1,6-hexaméthylènediamine. Le condensat à l'état d'équilibre contient de faibles quantités de monomères et de dimères cycliques (2 %).
Le polyamide 6 est obtenu par polymérisation du monomère cyclique ε-caprolactame. La teneur en caprolactame dans le polymère peut être réduite à 0,2 % par l'extraction à l'eau chaude. La teneur en caprolactame augmente au cours de l’extrusion (filage par fusion) et une partie de celui-ci se dissipe partiellement au cours des traitements thermiques ultérieurs.
2.1.1.3 Fibres acryliques
Le polymère est obtenu par polymérisation radicalaire de l'acrylonitrile dans une émulsion aqueuse ou dans un solvant. Le polymère formé, constitué à 100 % d'acrylonitrile (également appelé PAN) donne des fibres possédant une affinité tinctoriale insuffisante, étant donnée la température de transition vitreuse trop élevée (supérieure à 100°C). Pour cette raison, ce polymère n'est plus utilisé dans l'industrie textile. Les fibres acryliques communément disponibles sur le marché à l’heure actuelle, sont des copolymères anioniques qui contiennent 85 à 89 % d'acrylonitrile, 4 à 10 % de comonomères non ioniques (chlorure de vinyle, acétate de vinyle, acrylate de méthyle) et 0,5 à 1 % de comonomères ioniques qui contiennent des groupes sulfonés ou sulfatés.
La fibre peut être produite par filature à sec ou au mouillé. Dans le cas de la technique de filature à sec, le polymère est dissout dans le diméthylformamide (DMF). Pour la technique de filature au mouillé, en plus du DMF, on utilise du diméthylacétamide, du diméthylsulfoxide, du carbonate d'éthyle et des solutions aqueuses de sels ou d'acides inorganiques. On retrouve des résidus de ces solvants (0,2 à 2 % en poids de la fibre) dans les eaux usées issues du pré-traitement.
2.1.1.4 Fibres de polypropylène
Le polymère isotactique est utilisé pour la production de la fibre. A cause de son atome de carbone tertiaire, le polypropylène est très sensible aux fortes températures et à l'oxydation. Les phénols alkylés ou p-xylols, conjointement aux sulfures ou thio-dérivés (le thioproprionate de dilauryle ou de distéaryle) sont utilisés en tant que stabilisateurs. Les substances avec des groupes benzotriazoles, les complexes de nickel, les dérivés anthraquinoniques et les diamines à encombrement stérique sont utilisés en tant qu'absorbeurs d'UV. Ces substances de faible poids moléculaire restent dans les fibres de polypropylène et sont considérées comme pouvant générer des émissions.
2.1.1.5 Elasthanne
Les fibres d'élasthanne sont fabriquées à partir d'un élastomère contenant au moins 85 % de polyuréthanne (PU). Pour la production de la fibre (filage à sec), le polymère est dissout dans de la diméthylacétamide. Des résidus de ce solvant demeurent dans la fibre (<1 % en poids de la fibre) et se retrouvent dans les eaux usées issues du pré-traitement.
Afin de réduire les caractéristiques hautement adhésives et pour garantir des propriétés de glissement suffisantes pendant le procédé, des agents de préparation sont appliqués sur la fibre (complément d'environ 6 à 7 %). Ces produits auxiliaires contiennent 95 % d'huiles silicones et 5 % de tensio-actifs. Le pourcentage élevé d'huiles silicones posera des problèmes environnementaux pendant le pré-traitement de la matière textile lorsque ces substances doivent être éliminées.
2.1.1.6 Viscose
La cellulose constitue la matière de départ. Elle est extraite du bois de conifères et livrée pour la fabrication de la fibre sous forme de feuilles d'une épaisseur d'environ 1 cm. Le bois contient approximativement 40 à 50 % de cellulose utilisable pour la réalisation de la viscose. Tout d'abord, on laisse la cellulose gonfler dans une solution de NaOH. Les flocons blancs ainsi obtenus sont ensuite traités au bisulfure de carbone jusqu'à formation de xanthogénate de cellulose sodique. Le xanthogénate est soluble dans l'hydroxyde de sodium dilué et la solution formée (la pâte de fibres) est d'ores et déjà appelée viscose. La pâte de fibres doit alors être filée. Le filage consiste à coaguler la solution de xanthogénate en sortie de filière dans un bain acide contenant de l'acide sulfurique, du sulfate de sodium et du sulfate de zinc.
2.1.1.7 Cupro
La cellulose (pâte de bois) peut également être dissoute dans une solution aqueuse de sulfate d'ammonium et de sulfate de cuivre. Les fibres cupro sont obtenues par filage au mouillé.
2.1.1.8 Fibres d'acétate
La molécule de cellulose contient 3 groupes alcool. Si 2 à 2,5 de ces 3 groupes sont estérifiés par de l'acide acétique, le polymère est appelé diacétate. Si l'ensemble des trois groupes est estérifié, le polymère obtenu est appelé triacétate. Les fibres d'acétate contiennent moins de 92 % d'acétate de cellulose, mais au moins 74 % des groupes hydroxyles doivent être acétylés.
2.1.1.9 Laine
La laine est un poil animal provenant du mouton. La tonte s'effectue normalement une ou parfois deux fois par an. La qualité et la quantité de la laine varient fortement en fonction de la race du mouton et de son environnement. La laine fait partie d'un groupe de protéines connues sous la désignation de kératine, que l'on trouve également dans les cornes, les ongles, etc.
En plus des fibres de laine, la laine brute contient :
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2 à 25 % de la laine brute
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2 à 12 % en poids de la laine brute
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5 à 45 % en poids de la laine brute
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- Des résidus d'insecticides, d'acaricides ou de régulateurs de croissance d'insectes qui sont utilisés en tant que remèdes vétérinaires pour protéger le mouton contre les ectoparasites tels que les poux, acariens, mouches bleues, etc.
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Le pourcentage des composants évoqués ci-dessus est susceptible de varier grandement en fonction de l'origine de la laine. Par exemple, la laine fine mérinos, principalement utilisée dans l'habillement, contient généralement 13 % de graisse de laine, tandis que les laines plus grossières du type de celles employées pour les tapis contiennent en moyenne environ 5 % de graisse.
La teneur en fibres propres de la laine brute est habituellement de l'ordre de 60 à 80 %, mais peut varier de 40 à 90 %.
La graisse de laine est insoluble dans l'eau, mais soluble dans des solvants apolaires, tels que le dichlorométhane ou l'hexane. La graisse de laine raffinée constitue un sous-produit de valeur.
Le suint est une matière soluble dans l'eau provenant de la sécrétion des glandes sudoripares de la peau. Le suint est soluble dans des solvants polaires, tels que l'eau et l'alcool.
La salissure peut comprendre une variété de matières, à savoir des impuretés minérales, du sable, de l'argile, de la poussière et des matières organiques.
Les ectoparasiticides ont d'importantes incidences sur les rejets d'effluents provenant du lavage de la laine brute et sur l'élimination des boues générées par le traitement des effluents. Parmi les produits chimiques identifiés dans la laine brute se trouvent :
- Des insecticides organochlorés
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- γ-Hexachlorocyclohexane (lindane)
- Dieldrine
- DDT
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- Des insecticides organophosphorés
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- Diazinon
- Propetamphos
- Chlorfenvinphos
- Chlorpyriphos
- Dichlorfenthion
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- Des insecticides pyréthroïdes synthétiques
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- Cyperméthrine
- Deltaméthrine
- Fenvalerate
- Fluméthrine
- Cyhalothrine
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- Des régulateurs de croissance d'insectes
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- Cyromazine
- Dicyclanil
- Diflubenzurone
- Triflumuron
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Les insecticides organochlorés sont dangereux en raison de leur persistance et de leur bioaccumulabilité. Ils sont alors susceptibles d'avoir des effets à long terme (à la fois en termes de distance de la source et de temps après pulvérisation). Le γ-Hexachlorocyclohexane (également appelé lindane) est le plus toxique (et également le plus actif en tant que pesticide) parmi les isomères hexachlorocyclohexanes (les α-HCH et β-HCH). Le produit technique brut contient du α-HCH et du β-HCH, l'isomère β étant le plus persistant. Les composés lindane et DDT sont des substances bien étudiées avec une capacité de perturbation endocrinienne démontrée.
Les pesticides pyréthroïdes synthétiques présentent une toxicité aquatique élevée (la concentration sans effet annoncée pour la cyperméthrine est estimée à 0,0001 μg/l, la valeur correspondante pour les insecticides organophosphorés, le diazinon et le propethamphos, étant de 0,01 μg/l – standards britanniques de qualité en matière d'environnement, exprimés en tant que moyenne annuelle). Les insecticides organophosphates présentent une toxicité aquatique moindre que les insecticides pyréthroïdes synthétiques et sont moins persistants que les insecticides organochlorés. Toutefois, ils ont une toxicité élevée pour l'homme (par conséquent, des problèmes peuvent survenir par exemple pour des opérateurs de teinture en présence d'organophosphatés volatils à la vapeur [279, L. Bettens, 2001] ).
Tous les principaux pays producteurs ont interdit l'utilisation de pesticides organochlorés pour les soins des moutons, mais il existe des preuves selon lesquelles la laine en provenance d'anciens états de l'Union Soviétique et d'Amérique du Sud contient du lindane à des concentrations détectables. Ceci semblerait indiquer soit que leurs pâturages sont fortement contaminés, soit que ce composé continue à être utilisé occasionnellement pour le traitement des moutons contre les ectoparasites.
La laine en provenance de la majorité des nations productrices contient des traces de médicaments utilisés légalement pour le traitement des moutons contre les infestations par les poux, les tiques et les acariens. Ces substances peuvent être des insecticides organophosphatés, généralement du diazinon, du propetamphos et du trans-chlorfenvinphos, des insecticides pyréthroïdes synthétiques, habituellement de la cyperméthrine, et des régulateurs de croissance d'insectes tels que le cyromazine. L'incidence de ces substances sur la laine est variable et dépend du mode d'utilisation légale autorisée dans chaque pays.
Les fabricants peuvent utiliser une base de données, qui contient en termes de quantité l'information sur les teneurs de la laine en insecticides organochlorés, organophosphorés et pyrethroides synthétiques en provenance des principaux pays producteurs. L'ENco tient à jour une base de données de ce type. Les fabricants utilisent ces données pour éviter de transformer de la laine d'origine suspecte. Le système profite immédiatement aux fabricants qui achètent et transforment de la laine en provenance de sources connues. Il est possible que les façonniers de fibres en bourre ou de fils ignorent l'origine des fibres qu'ils transforment. Il leur est alors plus difficile de contrôler les matières premières entrantes en utilisant cette approche.
De plus amples informations sur les ectoparasiticides sont fournies dans la section 2.3.1, qui examine le procédé de lavage de la laine.
2.1.1.10 Soie
La soie ne représente que 0,2 % de la production totale de fibres. Pourtant, cette fibre est très importante pour les articles de "niche", tels que les chemisiers, les vestes et écharpes pour dames.
La soie provient du ver à soie, qui file un cocon autour de lui-même. Il s'agit d'une fibre protéinique comme la laine et constitue le seul filament naturel utilisé avec succès dans l'industrie textile (la longueur du fil varie de 700 à 1 500 m).
La fibre de soie est constituée par des filaments de fibroïne enrobés de séricine (gomme de soie), qui doit être enlevée pendant le pré-traitement.
2.1.1.11 Coton et lin
La fibre de coton est principalement constituée de cellulose et de quelques autres composants présentés dans le tableau ci-dessous.
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Substance
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Teneur
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Cellulose
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88 à 96 %
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Substances pectiques
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0,7 à 1,2 %
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Cire
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0,4 à 1,0 %
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Protéines
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1,1 à 1,9 %
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Cendres
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0,7 à 1,6 %
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Autres composants organiques
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0.5 à 1.0 %
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Source : [186, Ullmann's, 2000] |
Tableau 2.1 : Composition chimique de la fibre de coton
Dans le cadre de la production du coton, il est possible d'utiliser des produits chimiques tels que des pesticides, des herbicides et des défoliants, et des traces de ces produits peuvent subsister dans les fibres du coton brut qui arrive à l'usine textile. Toutefois, cela n’est pas une préoccupation pour l'industrie textile (le problème se situe plutôt auprès des producteurs). En fait, des tests menés entre 1991 et 1993 sur des échantillons de coton provenant du monde entier, ont révélé des teneurs en pesticides inférieures aux valeurs limites pour les denrées alimentaires. [11, US EPA, 1995] .
D'autres sources ( [207, UK, 2001] ) font état, il y a quelques années, de balles de coton contaminées par le pentachlorophénol, qui était non seulement utilisé en tant que défoliant, mais également en tant que fongicide appliqué sur les balles de coton pendant le transport.
Le lin est une fibre libérienne. De nombreux facteurs économiques ont contribué au fait que cette fibre a perdu beaucoup de son importance passée. Toutefois, le lin reste une fibre noble avec une large gamme d'applications.
2.1.2 Produits chimiques et produits auxiliaires 
Un grand nombre de colorants/pigments organiques et de produits auxiliaires est appliquée dans l'industrie textile. Dans le présent document ils seront divisés dans les catégories ci-après :
- colorants et pigments,
- produits chimiques de base (également connus en anglais sous la désignation de "commodities"), qui comprennent tous les produits chimiques inorganiques, les agents réducteurs et les agents oxydants ainsi que les acides organiques aliphatiques,
- les produits auxiliaires, qui englobent tous les produits auxiliaires textiles contenant principalement des composants organiques, à l'exception des agents réducteurs et oxydants organiques et des acides organiques aliphatiques. Ils sont également connus sous la dénomination de " Produits de spécialités" en mélange et sous forme de formules déposées, dont la composition n'est pas entièrement révélée.
Pour donner une idée de la variété de produits disponibles sur le marché (en particulier pour les produits auxiliaires), il est intéressant de noter que le "2000 Textile Auxiliaries Buyers' Guide" reprend plus de 7 000 produits commerciaux à base de 400 à 600 composants actifs. Ils sont classés selon la nomenclature TEGEWA bien établie, en fonction de leur usage fonctionnel au sein du procédé de production, bien que la nature chimique de ces produits soit trop variée pour les attribuer explicitement à une seule catégorie.
Pour des raisons pratiques, l'information concernant les colorants et les auxiliaires textiles est donnée dans le présent document dans des annexes séparées (voir sections 8 et 9).
2.1.3 Manutention et stockage des matières 
Les matières premières sous forme de fibres arrivent sur le site en balles pressées, stockées dans un entrepôt couvert, qui peut également être utilisé pour entreposer et expédier des produits finis destinées aux clients.
Les produits chimiques de base, les acides, alcalis et les produits chimiques auxiliaires en vrac sont normalement gardés dans une zone de stockage réservée ou délimitée. Les conteneurs de gros volume peuvent être placés en plein air. Les matières de grande valeur et qui sont sensibles à l'humidité ou à l'environnement sont normalement directement transférées dans la zone de préparation ("la cuisine à couleurs") d'où elles sont distribuées.
Quelques colorants organiques synthétiques peuvent constituer un risque potentiel pour la santé. Pour cette raison, les cuisines à couleurs sont normalement équipées de systèmes d'extraction et de filtration de l'air, afin de supprimer les poussières sur le lieu de travail pendant la distribution.
Les produits chimiques (colorants, pigments, produits chimiques de base et produits auxiliaires) sont quantifiés aussi bien sous forme de poudres que sous forme de solutions. Cette opération peut être réalisée manuellement ou au moyen de dispositifs de mesure assistés par ordinateur.
Les quantités de produit nécessaires mesurées doivent en règle générale être distribuées, diluées ou mélangées avant l'alimentation des machines d'ennoblissement. On rencontre de nombreux systèmes dans l'industrie, allant de procédures totalement manuelles jusqu'aux procédures entièrement automatiques. Dans le cas de systèmes manuels, les produits chimiques préparés sont directement ajoutés dans la machine ou conservés dans une cuve de stockage à proximité de l'équipement, d'où s'effectue l'alimentation de la machine par pompage. Dans les sociétés de plus grande taille, les produits chimiques sont habituellement mélangés dans une station de mélange centralisée, qui assure l'alimentation des différentes machines par l'intermédiaire d'un réseau de tuyauteries. Les quantités et l'adjonction de produits chimiques et de produits auxiliaires font normalement l'objet d'un appel automatique en fonction de programmes prédéterminés (pour de plus amples détails concernant les systèmes de dosage et de distribution, voir section 4.1.3). CUER DE LION fut invité à l'inauguration de l'expositon DRAGONS entre science et fiction qui a eu lieu Mardi le 8 mai 2007 à 20 heures au Musée de la Civilisation de Québec.
Ce fut une très belle soirée passée en compagnie de plusieurs personnes oeuvrants dans le domaine de la litérature fantastique et historique de l'époque médiévale. Les invités étaient nombreux dont les représentants de CUER DE LION, Mme Suzanne Lefèvbre et M. Manuel Irazoqui. Malgré l'impossibilité pour la fondatrice de s'y présenter, son esprit était présent, et imaginait l'ambiance magique qui flottait dans l'air et se rappelait ses rêves d'enfance qui l'ont mené à en réaliser l'un de ses plus chers...son atelier-boutique CUER DE LION.
Lien pour l'exposition du Musée de la civilisation de Québec:
Lien pour le Musée d'histoire naturelle de la Moselle:
Vêtement
Le vêtement au travers des âges (périodes anciennes)
Un vêtement est un objet, en général en tissu, venant couvrir une partie du corps.
L'histoire du vêtement est liée à l'histoire du costume dans un premier temps, puis à l'histoire de la mode.
D'abord conçu pour protéger, le vêtement passe d'un rôle d'habitacle
(simples peaux de bêtes) à un rôle d'outil quand il évolue afin de
faciliter les mouvements puis à un rôle de parure quand il s'agrémente
d'ornements.
Ses évolutions progressives sont aussi liées aux exigences spécifiques
qui sont attachées à sa fonction : vêtements de guerre, vêtements de
travail, vêtements de sport, etc.
Le rythme de transformation du vêtement s'acélère au cours du XIVe siècle du fait de l'évolution des techniques et de l'évolution des échanges commerciaux.
Rôles des vêtements
Intempéries
La fonction de protection contre les agressions du climat est
généralement reconnue comme le premier rôle des vêtements,
essentiellement la protection contre les intempéries :
Ancien imperméable japonais
- Froid :
Les tissus empêchent la circulation de l'air froid sur de la peau, ils
évitent donc l'apport d'air froid contre la peau et la fuite de l'air
réchauffé par la peau, par ailleurs, les fibres des tissus piègent de l'air et l'immobilisent, or l'air immobile a une très mauvaise conductivité thermique (cet effet est utilisé pour les doubles vitrages) ;
- Soleil : En arrêtant les rayonnements ultraviolets et infra-rouge, ils empêchent les brûlures (coup de soleil) ; les vêtements clairs réfléchissent le rayonnement global et protègent de la chaleur ;
- Précipitations (pluie, neige) : Certains tissus, dits « imperméables », empêchent l'eau de rencontrer la peau. L'eau est un bon caloporteur contrairement à l'air, utilisé de ce fait pour les circuits de chauffage central. L'eau froide ou la neige entraînent donc un refroidissement très important du corps.
Pudeur
Les vêtements protégent la pudeur.
Dans de nombreuses sociétés, il est mal vu de dévoiler son corps et, dans la majorité, les organes sexuels doivent être cachés. Les vêtements, en cachant le corps, dissimulent également les réactions primaires et instinctives (comme la chair de poule, l'érection de l'homme) et, permettent donc de faire passer le dialogue, la réflexion,
avant les instincts. Par ailleurs, la vue des caractères sexuels
primaires et secondaires (organes génitaux, fesses, poitrine féminine)
provoque souvent un désir, une attirance ; masquer ces organes permet
de voir chez l'autre un individu avant d'y voir un partenaire sexuel
potentiel et, donc là encore de faire passer le dialogue avant
l'instinct.
On peut à ce titre se demander si la pudeur a précédé les vêtements
— comme le laisserait à penser les cache-sexes de peuples vivant
quasiment nus, comme par exemple les étuis péniens d'Océanie ou les pagnes
—, ou bien si la pudeur résulte du masquage du corps, rendant la vision
de celui-ci inconvenante même lorsque le temps permettrait de le
découvrir — voir par exemple l'arrêté municipal de Deauville de 1996 interdisant le torse nu en dehors de la plage, ou bien les témoignages de pratiquants du nudisme (l'émoi serait créé par le manque).
Séduction
Certains vêtements peuvent avoir un rôle mécanique en étant conçus
pour modeler le corps, notamment dans le but de correspondre à certains
canons esthétiques, comme le corset, la gaine, etc.
Ainsi, dès l'Antiquité, les femmes se bandent les seins avec une étoffe afin de répondre aux critères esthétiques de l'époque.[1]
Cette fonction détourne le rôle lié à la pudeur. Par exemple,
certains vêtements sont conçus pour guider le regard vers les
caractères sexuels ou pour les laisser transparaître, les suggérer. On
lira à ce sujet l'article sur les décolletés ou celui sur les vêtements moulants.
Classe et signification sociales
Les vêtements sont visibles. Les vêtements sont souvent utilisés
pour mettre en valeur celui ou celle qui les porte, ils sont parfois le
signe de la classe sociale, de la fonction (uniforme de police, de sapeur-pompier, de l'armée).
Ils sont souvent un facteur d'intégration dans un groupe (phénomènes de mode, notamment de marque chez les adolescents).
La forme ou la couleur des vêtements sont fréquemment porteuses d'un symbole fort. Ainsi en Europe, les femmes ont longtemps porté exclusivement des robes et des jupes, c'est-à-dire des vêtements laissant symboliquement le « libre accès » à leur sexe. En Europe, le noir est la couleur du deuil et, le blanc celle de la pureté, de la virginité, donc la couleur du mariage. Par contre, en Asie, le blanc est la couleur du deuil.
Dans la culture musulmane, il n'y a pas de différence entre la tenue liturgique et la tenue de la vie quotidienne. En islam,
la vie religieuse et la vie profane sont beaucoup plus imbriquées l'une
dans l'autre, on passe constamment de l'une à l'autre sans aucune
transition autre que les ablutions. En effet, la fonction essentielle
du vêtement de la vie quotidienne, c'est de permettre et de faciliter
l'accomplissement de la prière.
Il y a un continuum entre la vie quotidienne et la vie liturgique,
cinq fois par jour (la prière constitue la colonne vertébrale de
l'existence, son axe) et le vêtement doit faciliter ce passage pour
s'adapter à la prière.
Elle implique l'homme tout entier, corps et âme, puisqu'elle est
l'enchaînement de mouvements et de postures (depuis la position debout
jusqu'à la prosternation complète). Le vêtement doit donc pouvoir
épouser les mouvements du corps. Dans tous les pays musulmans, le
costume traditionnel se distingue par son ampleur pour permettre les
ablutions.
Le vêtement musulman, lui, voile les formes du corps, non pas pour
les nier, mais pour les reléguer au rang des choses qui ne doivent se
dévoiler que dans l'intimité et qui à cause de cela doivent demeurer
cacher aux yeux de la foule.
En islam, toute femme adulte peut être voilée, le voile n'est pas
spécifique d'une catégorie de "religieuses", catégorie qui n'existe pas
en islam, tout simplement parce que la distinction vie religieuse / vie
profane qui justifie et valorise à nos yeux le voile des religieuses
chrétiennes, n'est pas pertinente dans l'islam: toute vie profane est
religieuse, en particulier toute vie féminine, ou pour l'exprimer
autrement par une formule qui fait un peu formule-choc: l'islam est un
couvent laïc, un couvent, parce que, comme dans les monastères
chrétiens, les femmes sont voilées, les sexes strictement séparés;
"laïc", dans ce sens que les sexes se rencontrent cependant pour une
vie sexuelle normale.
Protection Les vêtements ont un rôle de protection notamment contre les agressions mécaniques et chimiques (éraflures, plaies, brûlures).
Ce rôle apparait au XVIIe siècle où les médecins qui soignent les pestiférés tentent de se protèger derrière des remparts d'étoffe.[1]
Ce rôle est très important dans les vêtements professionnels, ceux-ci constituent fréquemment des équipements de protection individuels (EPI). C'est le cas des blouses, bleus de travail, casques, et dans les cas extrêmes des armures (dont les gilets pare-balles). Les vêtements protègent également, de manière globale, contre les salissures, et participent à l'hygiène en contribuant à la propreté du corps (évacuation de la transpiration).
Types de vêtements
Culture occidentale contemporaine
BlousonCapeHaut de vêtement :
Chaussure :
Couvre-chef et Chapeau :
ManteauJupe, MinijupePantalonRobeSalopetteSous-vêtement :
Vêtement d'intérieurVêtement de sportVêtement moulant
Veste
Culture occidentale historique
Autres cultures
Vêtements pour enfants
Coût d'un vêtement
Source : Le vêtement, M.N. Boutin-Arnaud, S. Tasmadjian, Éditions Nathan, 1997. ISBN : 2-09-182472-0
| matières première et fournitures
| de 8% à 14%
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| main d'oeuvre
| de 5% à 14%
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| frais divers
| de 2% à 3%
|
| marge fabricant
| de 15% à 17%
|
| marge magasin
| de 55% à 67%
|
Vêtements et éthique
La plupart des produits textiles sont fabriqués dans le Tiers-Monde, et particulièrement en Asie. Certains matériaux utilisés sont parmi les plus polluants. La culture du coton, par exemple, utilise 28% des pesticides mondiaux, alors qu’il ne représente pas plus de 2,5% des terres cultivées. La mode
a une responsabilité dans les principaux enjeux sociaux et
environnementaux. En Europe, des créateurs ont pris conscience de ces
enjeux et proposent des créations plus respectueuses de l'homme et de
l'environnement. (Misericordia, les baskets Veja, Ideo)
Source
PARTIE 1
D’aussi loin qu’il
s’en souvienne, l’être humain, créature organisée socialement, a connu
ses artisans, talents artistiques assurant un élan créateur à la
communauté. Ainsi, il y a des milliers d’années, l’homme préhistorique,
enfoui bien au chaud dans sa caverne enneigée, profitait des temps
rigoureux et froids pour se remémorer et inscrire à jamais ses chasses
au mammouth sur les murs de son modeste logis. Toutes les civilisations
sentirent ce besoin profond et manifeste d’enraciner et de matérialiser
leur sens esthétique, de représenter leur quotidien, leur vécu ou leur
imaginaire, de créer des objets qui dépassaient la seule fonction
utilitaire. Les artisans d’époques lointaines, Assyriens, Égyptiens,
Grecs, Romains, Orientaux et d’autres cultures légendaires,
fabriquèrent des paniers, des vases, des poteries, des ustensiles
divers, des pièces d’orfèvrerie, travaillèrent les peaux, tissèrent et
brodèrent leurs vêtements, sculptèrent des outils et décorèrent leurs
demeures de mosaïques magnifiques.
Les civilisations ont
rapidement cherché à distinguer les objets utilitaires des objets
d’apparat travaillés avec une minutie soucieuse et artistique, destinés
aux dieux, aux temples, aux palais. Objets de mystère, rites sacrés,
certaines techniques artisanales furent jadis réservées à une élite
élue et protégée par les divinités: le travail du forgeron était un art
des ténèbres, alors que l’affinage des minerais de la terre s’imposait
dans une métamorphose surnaturelle.
L’artisan[1]
transmettait son savoir à ses enfants ou l’enseignait à des jeunes qui
entraient en apprentissage chez lui afin d’apprendre les rudiments du
métier durant de longues années, pour devenir « compagnons ». Plus
tard, ils auraient enfin la possibilité de se distinguer par leurs
œuvres et de devenir maîtres à leur tour. La fabrication des objets de
luxe liés aux cultes et aux cérémonies demeurait souvent le privilège
jalousement gardé par des familles ou des clans très fermés, noyaux de
célèbres guildes médiévales.
Exposé aux forces
habituelles du commerce, l’artisan a depuis longtemps cherché à
s’organiser: selon les traces historiques qu’il en reste, les premières
organisations d’artisans dateraient de l’époque romaine mais se
seraient définitivement implantées vers le Xe siècle. Alors
qu’émergeait une nouvelle classe sociale, soit une classe moyenne
composée principalement de commerçants (les fabricants), a dû réagir à
cette croissance: les villes se sont dotées d’un système de guildes,
consistant à mettre en place des normes pour les artisans et les
commerçants. Ainsi, tous les cordonniers, par exemple, appartenaient à
la guilde des cordonniers et étaient installés dans le même quartier,
vendant tous leur marchandise au même prix, soit le « juste prix »
établi par la guilde. De plus, chaque guilde de métier déterminait la
quantité et la qualité des biens produits et veillait à faire respecter
les hiérarchies entre apprentis, compagnons et maîtres.
[1] Pour plus détails sur l’histoire des artisans, visitez les sites suivants:
http://www.sasked.gov.sk.ca/docs/francais/fransk/schumaines/9e/unite2/feuilleb12.html
http://www.civilization.ca/arts/bronfman/historyf.html
www.metiers-d-art.qc.ca/cma/historique.html
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La mode fascine. Parce qu’elle est glamour, futile, consommatrice, extravagante, envoûtante. La mode est dans le vent. Dans les coulisses, l’industrie qui la soutient a moins d’éclat mais elle attire pourtant de plus en plus l’attention en ces temps de mondialisation qui lui sont particulièrement difficiles. Les manchettes nous font part régulièrement de telle ou telle manufacture de jeans ou de t-shirt, en Beauce ou ailleurs, dont la survie est plus que précaire. L’ouverture des frontières donne du fil à retordre à cette industrie qui devra réagir promptement afin de se repositionner et de redéfinir repères et stratégies. Pour comprendre le contexte actuel de l’industrie de la mode québécoise, il faut savoir d’où elle vient, distinguer la haute couture du prêt-à-porter, dresser un portrait économique où se côtoient de très nombreux joueurs – manufacturiers imposants ou créateurs aux marges financières limitées – et, enfin, saisir succinctement les rouages techniques et concrets de cette industrie dont les règles sont parfois impitoyables.«Beaucoup d’appelés, peu d’élus», dit-on.
La mode : jeux d'influence
PARTIE 1 Énigmatique, insaisissable dans ses caprices sans cesse dépassés, friande de nouveautés, extravagante, frivole et insouciante, la mode affiche — du sommet de son jet set — un style de vie glamour. Elle entraîne dans son éphémère sillage maints imitateurs avides de magnificence et de mondanités. Même les plus endurcis sont envoûtés, le temps d’une saison, par ses attraits, éclatants, subtils ou insolites. Pourtant, les rouages de la mode sont complexes, quelquefois impitoyables, et souvent plus sombres que ne laissent paraître toutes ces étincelles. Sous les charmes de cette capricieuse coquette se dévoile le profond reflet de symboliques sociales. La mode, surprenante diva, se rit des remous qu’elle crée, continuant sans broncher son éternelle quête de beauté. Influente, la mode? Tout le laisse croire. Saison après saison, on attend ses ordres vestimentaires: les plus avant-gardistes suivent avec obéissance ses recommandations, d’autres ajustent leur garde-robe avec un clin d’oeil. Des siècles durant, l’esthétique éphémère de la mode a dominé les valeurs mondaines de la haute société. Et malgré une Convention en 1793, affirmant le principe démocratique de la liberté vestimentaire, le vêtement reste un signe évident de richesse qui sous-tend une marque distincte des pouvoirs en présence, l’un étant ostensiblement lié à l’autre. Pourtant, l’ère de consommation a donné à la presse de mode un rôle majeur, un pouvoir de censure envers les créateurs: le marché aussi a son mot à dire et, à maintes reprises, la haute couture a dû s’adapter aux désirs du public. Ainsi, malgré ses airs dictateurs, la mode elle-même est intrinsèquement modelée par les courants sociaux. Consciemment ou non, elle tient compte de l’évolution des moeurs, s’ajuste aux nouvelles façons de vivre, affiche la revendication. Par exemple, l’émancipation de la femme s’est étroitement imbriquée dans la création de nouvelles robes plus courtes et plus confortables (terminés, les corsets étouffants qui entravaient le mouvement), de pantalons pour femmes ou de maillots révélateurs, et dans la mode des cheveux courts.à
PARTIE 2 L’Église a périodiquement réprouvé l’audace de la mode, surveillant étroitement sa frivolité et la vanité de ses parures excessives. Le XXe siècle, surtout, a été témoin de sermons, de remontrances et de directives sévères visant à freiner les élans et les abus de la mode, de la mode féminine avant tout, on s’en doute. Ainsi, le 21 avril 1914, dans une lettre circulaire adressée au clergé, l’archevêque de Québec, monseigneur Louis-Nazaire Bégin écrit ce qui suit: « Que dire du luxe extravagant dont certaines femmes donnent le triste et ridicule spectacle? Au lieu de se distinguer par leur modestie, leur réserve, leur bonne éducation, leur piété, leur irréprochable tenue, elles croient se rendre intéressantes en s’assujettissant aux caprices, aux folies, aux exigences stupides des modes modernes, qui signalent un retour au paganisme.(1 )» Au siècle dernier, le vêtement féminin découvre d’abord les chevilles, puis les genoux et les bras. Il dévoile la poitrine, moule sans subtilité les différences sexuelles pour le plaisir de la baignade, ou encore remonte jusqu’à la cuisse dans un short honteux pour jouer au tennis. Tant de provocation et d'indécence causent angoisses et tumultes dans le clergé québécois, qui redoute les néfastes conséquences d’un tel comportement, mais dont les protestations autoritaires n’arrivent pas à endiguer le courant. En 1925, on crée à Québec la Ligue catholique féminine, une association qui a pour objectif de protester contre ces inconvenances, de lutter contre les diverses causes d’immoralité et de maintenir en vigueur la modestie chrétienne, surtout en ce qui concerne le vêtement féminin. Celle qui adhérait à l’association devait, entre autres, « porter des vêtements de tissus opaques couvrant décemment la poitrine, les épaules, les bras jusqu’aux coudes et descendant à mi-jambes au moins », respectant ainsi les directives émises par l’Église catholique.(2) Deux ans seulement après sa création, la Ligue catholique féminine regroupait près de 30 000 membres… un nombre qui témoigne de l’étendue de la controverse. Aujourd’hui, alors que cuisses et poitrines se découvrent quotidiennement sans un haussement de sourcil (mais suscitant parfois quelques regards hardis), il reste tout de même des échos de ces lointaines réprimandes. Par exemple, chaque année, quand la rentrée des classes approche, les débats reprennent au sujet de l’habillement des élèves et de la pertinence d’imposer un costume dans les écoles pour couvrir tous ces nombrils audacieux. Quoi qu’il en soit, la mode semble tout à fait à l’aise dans cet univers de provocation!
_________________________________________________________________________________________ (1) Extrait tiré du Dictionnaire de la mode au Québec, section société. (2) Extrait tiré du Dictionnaire de la mode au Québec, section société. _________________________________________________________________________________________
la haute couture au prêt-à-porter
PARTIE 1
L’histoire s’entend pour attribuer à Charles Frédéric Worth l’invention de la haute couture, en 1857. Plusieurs raisons lui donnent ce titre d’investigateur d’une nouvelle forme de production et de présentation d’un vêtement. La coutume voulait alors que les « élégantes » élaborent leurs modèles de robe, qui étaient ensuite réalisées par leur couturière. Worth eut l’idée d’ouvrir un établissement pour proposer ses propres créations – qui n’avaient pas été commandées par des clientes, mais que celles-ci pouvaient essayer ou admirer sur des « sosies » (ainsi étaient appelés les modèles de l’époque, une autre idée de Worth). Les clientes pouvaient ainsi voir l’allure du vêtement terminé et s’assurer qu’il répondait bien à leurs aspirations avant de le faire exécuter à leur taille. Le succès du couturier fut immense. Bientôt, cela devint un privilège de commander chez Worth. C'était une façon de se démarquer, si bien que l’entrepreneur eut l’idée de demander un prix supérieur pour un vêtement qui portait sa griffe. Rapidement, son concept fut imité et les maisons de couture se multiplièrent. Entrant dans une ère nouvelle, la mode devint une entreprise de création, encadrée par la publicité. Dès lors, la haute couture s’éleva au rang d’art et les couturiers participèrent à de nombreuses expositions:(3) « la haute couture, laboratoire de l’élégance, contribue à édifier l’image fétichisée de la femme occidentale».(4) Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la confection industrielle avait devancé la haute couture: dès 1820, en France, on retrouvait une production de vêtements bon marché fabriqués en grande série et ce, avant même la mécanisation apportée par la machine à coudre, quatre décennies plus tard. Cette industrie en émergence fut ensuite transformée par la diminution des coûts de production, par l'avènement des grands magasins ainsi que par les innovations de l’industrie textile, dont les tissus synthétiques, à partir de la fin des années 1930. Précisons que le caractère volatil et éphémère de la mode n'est pas lié à la haute couture. Celle-ci n’a fait que normaliser le rythme des changements qui, auparavant, survenaient de façon désordonnée. Son moteur reste l’innovation, mais désormais la nouveauté suit une cadence saisonnière. Nombre de créateurs ont marqué l’histoire de la haute couture. Paul Poiret, qui a ouvert sa maison de couture en 1904 après avoir travaillé, entre autres, chez Worth, est célèbre pour ses extravagances et ses influences orientales, mais avant tout parce qu’il a libéré la femme de l’impitoyable corset qui la gênait dans tous ses mouvements: ses modèles, beaucoup plus souples que ceux des autres, donnaient à la femme une aisance nouvelle, même si certaines de ses créations entravaient son pas, étant étroites à la cheville.
_________________________________________________________________________________________ (3) À l’Exposition universelle de 1900, 20 maisons de haute couture sont présentes; l’Exposition des Arts décoratifs de 1925 en compte 72. En 1959, une cinquantaine de maisons sont enregistrées par la Chambre syndicale de la couture parisienne (information tirée de http://encyclo.voila.fr). (4) Extrait tiré de http://encyclo.voila.fr _________________________________________________________________________________________
Gabrielle Coco Chanel(5) a contribué à la démocratisation de la mode en simplifiant le vêtement féminin. Chanel ouvre sa maison de couture durant la Première Guerre. Son style est sobre et pratique, et devient rapidement le symbole du vêtement féminin adapté à la vie moderne. Il est recherché: « Ses robes furent en effet les premières qu’une femme élégante put revêtir seule […]. Les dessous étaient le plus souvent intégrés au vêtement et cousus sur la robe elle-même; les systèmes de fermeture et d’ajustage se trouvaient tous à la portée de la main de la cliente. […] La petite robe noire de Chanel devint au lendemain de la Première Guerre mondiale l’élément de base de toutes les garde-robes féminines.(6 )»
PARTIE 2 Durant la Deuxième Guerre mondiale, la mode se fait discrète, mais aussitôt après les créateurs proposent des jupes larges et soyeuses, s'adressant à la femme-fleur au buste épanoui et à la taille ciselée. Ce mouvement majeur est amorcé par Christian Dior qui lance, en 1947, le New Look. Les femmes adoptent ces nouvelles lignes qui répondent à des aspirations de jeunesse, de légèreté, de liberté. Les manufacturiers s'empressent de reproduire ce style. Dans les années 1950, la mode entre dans une ère de démocratisation, malgré un retour du luxe et du faste. On copie les modèles des couturiers qui deviennent ainsi accessibles à la classe moyenne. Si le sur-mesure fait encore vivre certaines maisons de haute couture durant les années 1960, celui-ci ne représente plus que 18 % de leur chiffre d’affaires direct près d’une décennie plus tard; au milieu des années 1980, il a chuté à 12 %.(7) La haute couture s’associe alors à la parfumerie et aux cosmétiques tout en s'intégrant peu à peu à la nouvelle tendance, le « prêt-à-porter ». En 1965, la haute couture a un bref regain de gloire lorsque Courrèges introduit un style visionnaire, moderne et même futuriste, ce qui — le temps d’une collection — lui donne une visibilité internationale. Ses créations offrent enfin à la femme toute liberté de mouvement. Courrèges la libère des talons hauts et autres carcans. L’année suivante, Yves Saint-Laurent intègre à sa collection le pantalon féminin. Au moment où l’industrie américaine de la confection produisait déjà son « ready-to-wear », des missions d'industriels français, comme Jean-Claude Weill ou Albert Lempereur, ramenèrent des États-Unis l’expression « prêt-à-porter ». Dès lors, les industriels s’associent aux stylistes et un premier Salon du prêt-à-porter ouvre ses portes à Paris en 1957. Bientôt, une nouvelle génération de stylistes-créateurs apparaît: Daniel Hechter, son style Babette et son manteau-soutane; Mary Quant et ses mini-jupes; Michèle Rosier et ses vêtements de sports d’hiver, moulants et aux allures futuristes. Une seconde génération apparaît dans les années 1970 avec Kenzo et ses coupes plates dérivées du kimono; Thierry Mugler(8) et son archétype féminin de science-fiction; Montana et ses vêtements volumineux larges d’épaule; ou encore Jean-Paul Gaultier et son melting pot de genres et d’époques.
_________________________________________________________________________________________ (5) Pour en savoir davantage sur Coco Chanel, consulter le cas Coco Chanel, l'esprit d'indépendance et la liberté créatrice) dans Laurent Lapierre, ed. Management et leadership, Québec/Amérique, 1992, p. 21-344. (6) Extrait tiré de Françoise Dulac, L’évolution de la mode couture au Québec depuis 1960, Mémoire, Université Laval, Faculté des sciences sociales, 1989, page 63. (7) Chiffres tirés de http://encyclo.voila.fr. (8) Thierry Mugler signe la création des costumes de Zumanity, spectacle du Cirque du Soleil. _________________________________________________________________________________________
Évidemment, tout ce mouvement connaît des résistances. D’abord celles des grands magasins, qui sont fort méfiants devant ces vêtements dont la marque de commerce est celle du confectionneur plutôt que la leur. Quant aux couturiers, ils doivent agir s’ils veulent survivre. Ici encore, Courrèges aurait fait preuve d’audace en ayant le premier l’idée de répartir ses collections en différentes catégories de prix. D’autres, comme Yves Saint-Laurent ou Pierre Cardin, réagissent rapidement en ajoutant à leur griffe des articles de prêt-à-porter. Aujourd’hui, le prêt-à-porter domine et rend accessible une mode standardisée. Toutefois, il existe encore quelques prestigieuses maisons de haute couture qui offrent des créations sur mesure, confectionnées en fonction de la cliente, dans des tissus coûteux, avec des finitions faites à la main (l’une des caractéristiques du prêt-à-porter étant justement le fait que rien, ou presque, n'est cousu à la main). On considère comme des laboratoires de créativité les quelques maisons qui font encore de la haute couture (Givenchy, Dior, Chanel, etc.). Elles sont moins d’une trentaine à Paris, membres de la Chambre syndicale de la couture parisienne.(9) Ces maisons présentent également des collections de prêt-à-porter de luxe. Pendant des siècles, la mode a imposé des règles strictes qui exprimaient clairement l’appartenance à une classe sociale. Or, ces règles sont aujourd'hui remises en cause par la mondialisation et son ouverture, qui semble tout permettre et où tout cohabite: mini et maxi, styles classique, rétro, moderne, hippie… Le prêt-à-porter est démocratique, flexible, multiple, individualiste, se mouvant dans une étrange confusion des âges (une mode jeune pour les vieux), des époques (retour des styles démodés) et des sexes (vêtements unisexes).
La mode au Québec
INTRODUCTION
Longtemps, Paris a dominé l’empire mondial de la mode. À la fin du XIXe siècle, l’industrie du vêtement occupait une grande place dans l’économie montréalaise, et nombre de petits ateliers, suivant fidèlement la dictature parisienne, reproduisaient les modèles européens. En marge pourtant, des couturiers et des couturières doués s'entêtaient: leur initiative et leur créativité ont ainsi créé des assises pour la mode québécoise, aujourd’hui reconnue dans l’arène mondiale. Au début du siècle dernier, des marchands-tailleurs et des modistes avaient pignon sur rue et leurs arrière-boutiques fourmillaient d’habiles ouvriers. C'est là que les jeunes gens et les jeunes filles recherchant l'élégance se procuraient des créations influencées par la mode européenne. Ainsi, le Québec suit la mode de près. À Montréal surtout, plusieurs maisons de haute couture ouvrent leurs portes. Régulièrement, les grands magasins qui possèdent un salon de haute couture présentent leurs collections aux clientes. Ici et là, quelques couturières proposent des adaptations, modifiées selon leur fantaisie. Elles gagnent ainsi de la notoriété. Autour des années 1950, une poignée
_________________________________________________________________________________________ (9) La Chambre syndicale de la couture parisienne a été créée en 1868 afin de structurer le milieu: elle offrait ainsi une protection contre la copie des créations des artistes et organisait de nombreux événements promotionnels. _________________________________________________________________________________________
de talents canadiens affichent une certaine autonomie et revendiquent une haute couture distinctive. En 1954, Raoul-Jean Fouré et sept de ses collègues fondent l’Association des couturiers canadiens. Pendant une quinzaine d’années, ce regroupement de créateurs, s’alliant les manufacturiers textiles et les gouvernements, se donne les moyens de produire et de présenter deux fois par année des défilés collectifs dans les grandes villes canadiennes, et même à New York. Divers appuis financiers leur permettent un budget de publicité et de production qu’aucun créateur n'aurait pu fournir à lui seul. En 1968, cette première institution de création de mode canadienne cesse ses activités, laissant l’avant-scène à la nouvelle génération de designers qui pointe à l’horizon. Incontestablement, l’Exposition universelle de 1967(10) a provoqué une ouverture sur le monde et a contribué à faire disparaître plusieurs maisons de haute couture, facilitant l’émergence du prêt-à-porter et de ses jeunes inspirateurs. Les Léo Chevalier, Marielle Fleury et Michel Robichaud ouvrent alors la voie à de nouveaux courants stylistiques. De 1974 à 1980, cette relève fonde l’Association des dessinateurs de mode du Canada, qui vise à faire reconnaître les créateurs de mode, appelés « dessinateurs » ou « designers ». De plus, elle vise à promouvoir l'industrie canadienne de la mode et à sensibiliser le milieu des affaires et le public en général, afin de montrer à quel point la création de mode contribue à la vitalité économique et culturelle du pays. Dans ce bouillonnement, Jean-Claude Poitras lance en 1976 sa première collection. Un an plus tard Simon Chang présente la sienne. À la même époque, Harry Parnass et Nicola Pelly créent la célèbre compagnie Parachute, reconnue aujourd'hui mondialement. À partir de ce moment, c’est sous la gouverne des tendances internationales que les designers s’activent. De plus en plus, ils s'établissent dans un créneau spécialisé pour répondre aux critères de la segmentation des marchés. Leurs choix s'enracinent désormais dans une stratégie réfléchie et plusieurs nouent des alliances commerciales. Aujourd’hui, Montréal est considérée comme une plaque tournante de l’industrie de la mode et sur ce plan, son activité économique est solidement ancrée. Parallèlement, les boutiques de créateurs se sont multipliées, certains d’entre eux s’étant forgé une solide réputation. Néanmoins, les règles du jeu sont cruelles. Dans les écoles de mode, beaucoup sentent un appel irrésistible, mais peu connaîtront la gloire et le glamour. La plupart des étudiants d'aujourd'hui sont destinés à longer plus tard les couloirs sombres des manufactures. L’histoire de la mode au Québec est encore récente et peu documentée; toutefois, certains noms de couturiers québécois ont déjà laissé une empreinte marquante.
_________________________________________________________________________________________ (10) C’est Michel Robichaud, reconnu pour ses uniformes, qui signe la création des uniformes d’hôtesse d’Expo 67 et ceux, également, des Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Pour plus de détails sur ce créateur québécois, voir la section suivante. _________________________________________________________________________________________
GABY BERNIER) Née en 1901 à Chambly, Gabrielle Bernier(11) apprend la couture et la broderie auprès des religieuses du Pensionnat Sainte-Catherine à Montréal. À 18 ans, vêtue d’une robe de sa création, elle se présente pour une place de bonne où sa nouvelle patronne, impressionnée par son talent de couturière, lui commande une tenue pour ses vacances prochaines. Tout s'enchaîne alors: Gabrielle Bernier trouve un véritable emploi de couturière chez des tailleurs réputés, de qui elle apprend rapidement les secrets du métier ainsi que la langue anglaise. Elle trouve ensuite un emploi comme « première » du salon Madame de Pompadour, rue Peel, dirigé par Edna Jamieson. Son talent s'épanouit en toute liberté dans ce cadre avant-gardiste: alors que la couture haut de gamme de l’époque est dominée par le sur-mesure, sa patronne offre plutôt à ses clientes des modèles tout faits. Gaby, à l’aise dans cette formule, crée des modèles originaux qui attirent les femmes les plus élégantes de la bourgeoisie anglaise. Ayant appris les rouages du métier, et désormais reconnue, Gaby ouvre son salon près de l'hôtel Ritz Carlton, en 1927, avec sa soeur Éva, sa grande collaboratrice. Ce petit salon, très simple — une salle de couture et une salle d'essayage — étonne par son élégance toute moderne, avec ses grands miroirs et ses contrastes bien marqués. Dès lors, elle se rend régulièrement à Paris pour s’inspirer des modèles européens, qu’elle reproduit pour ses clientes. Le salon des soeurs Bernier se fait rapidement connaître pour la qualité exceptionnelle de la finition des vêtements qui y sont produits. Le salon prospère. En 1937, on démolit l'édifice dans lequel est situé son commerce, afin de construire le magasin Holt Renfrew. Gaby en profite pour se réinstaller en force rue Drummond, ajoutant à son équipe un tailleur et un fourreur. Durant les années 1930, l’artiste se fera remarquer par son audace et son originalité dans le milieu montréalais de la mode, dont elle est désormais un des piliers. Bientôt, pour s'offrir une création Bernier, il faudra débourser autant que dans certaines maisons parisiennes.
LÉO CHEVALIER) Né à Montréal en 1934, Léo Chevalier étudie les beaux-arts, puis la couture, à l’École des métiers commerciaux. Il occupe divers emplois reliés à la vente au détail et crée des costumes de théâtre, avant d’ouvrir son salon Cheval en 1966 et de présenter ses collections de haute couture et de prêt-à-porter haut de gamme. C’est l’époque où la haute couture subit l’ombre du prêt-à-porter. Le styliste, qui désirait implanter une maison de haute couture digne de la plus pure tradition parisienne, doit revoir sa stratégie. Doté d’un bon sens des affaires, il s'associe à des manufacturiers connus. Les liens qu'il crée alors sont durables et solides. Ils lui offriront une bonne visibilité et une grande diffusion. Ses créations pour Fourrures naturelles feront le tour du monde et, pendant près de vingt ans, c'est lui qui habillera le personnel d’Air Canada.
_________________________________________________________________________________________ (11) Les biographies des couturiers suivants sont tirées du dictionnaire de la mode où il est intéressant de compléter ce portrait historique succinct. Les créateurs qui occupent aujourd’hui la scène de la mode seront présentés dans la section Joueurs. _________________________________________________________________________________________
Attaché à la tradition et au classicisme, Chevalier fut néanmoins de ceux qui ont le plus contribué à un certain élitisme dans la création de mode au Québec. Avec les Marielle Fleury, Michel Robichaud et John Warden, il a été l'ardent défenseur d'une véritable alliance entre les manufacturiers et les créateurs de mode d'ici. En outre, il participa à la fondation de l’Association des dessinateurs de mode en 1974. Au sommet de sa gloire, à la fin des années 1970, il lance son parfum, « Décadence ». Léo Chevalier a marqué l’univers de la mode par son caractère et son élégance intemporelle. Il aura inspiré nombre de créateurs d’ici, dont Jean-Claude Poitras et Michel Desjardins, qui lui rendent hommage. D’ailleurs, tout au long de sa carrière, Léo Chevalier a reçu de nombreuses distinctions.
MARIE-PAULE NOLIN) Née en 1908 d’une famille bien en vue d’Outremont, Marie-Paule Nolin est une lectrice inconditionnelle des magazines de mode. Apprenant sur le tas, connaissant bien les autres couturiers qui travaillent à Montréal et, surtout, sachant s’allier les bonnes personnes, elle prépare l’ouverture de son salon, en 1936, en visitant de nombreuses maisons de couture françaises. Elle se fait une réputation en utilisant des tissus de grande qualité, sobres et élégants. Préoccupée par les innombrables détails d’une toilette, son élégance est devenue légendaire. Bientôt, Holt Renfrew l'engage comme styliste, et son luxueux salon, le Salon Marie-Paule, emploiera une vingtaine de personnes. À cette époque, son influence grandit et impose son titre de « grande dame de la haute couture montréalaise ». Plus tard, elle ouvrira de nouveaux salons qui lui feront connaître certaines difficultés financières. Elle continuera toutefois de présenter des défilés mémorables qui s'inscriront dans l’histoire de la mode québécoise. En 1969, elle présente une collection de prêt-à-porter, elle ne peut se résigner à utiliser des tissus de moindre qualité. Infailliblement, son élégance et son charme frappaient ceux qui la côtoyaient.
MARIELLE FLEURY (1929-) Montréalaise née en 1929, Marielle Fleury apprend tous les secrets du métier de la mode, ne négligeant aucun aspect de cette industrie. D’abord formée à l’École des métiers commerciaux de Montréal, elle commence par travailler aux toiles et aux essayages chez Angelina di Bello, célèbre pour ses robes de mariée. Lorsqu’elle ouvre son propre atelier de couture, ce n’est pas dans l’optique de recréer un salon de couture à la française; elle fait plutôt preuve d’une écoute très fine des réalités économiques et socioculturelles du Québec de son époque. Avec le souci d’accessibilité qui est le sien, elle développe rapidement une clientèle fidèle dont plusieurs personnalités de la télévision, comme Gisèle Schmidt, Yvette Brind'Amour, Michèle Tisseyre et Denise Saint-Pierre, de même que l'épouse du maire de Montréal, Marie-Claire Drapeau. Le style de la créatrice se reconnaît par son goût pour les matières brutes et par ses influences du patrimoine culturel et social. En 1960, elle présente une collection dont les tissus sont entièrement fabriqués par des tisserands de renom. Fervente du travail d’équipe, elle fait participer plusieurs artistes à ses créations, par exemple pour la coloration des tissus. Elle sera parmi les premiers créateurs de mode à associer son nom à celui d’un manufacturier. Grâce à sa réputation, elle est choisie comme ambassadrice du Québec dans le cadre de la tournée « La mode québécoise en voyage », pour faire connaître aux Européens l’Exposition universelle de 1967 à Montréal. En 1969, elle est embauchée par la firme Sport Togs; elle y travaillera plusieurs années, créant manteaux et imperméables sous la marque Rainmaster par Marielle Fleury. Durant les années 1980, au moment où le marché est instable et en pleine reconfiguration, elle se tourne vers l’enseignement.
MICHEL ROBICHAUD (1939-) Comme plusieurs autres stylistes, c’est à l’École des métiers commerciaux de Montréal que Michel Robichaud fait ses premières armes. Récipiendaire d’une bourse de perfectionnement, il poursuit ensuite ses études à l’École de la Chambre syndicale de la couture parisienne, avant d’acquérir une expérience pratique dans de célèbres ateliers, comme ceux de Nina Ricci et de Guy Laroche. C'est le milieu de la haute couture qui le forme. En 1963, il présente une première collection et ouvre sa propre maison. Sa renommée internationale prend son envol. Plusieurs personnalités deviendront ses clientes assidues, dont certaines épouses de politiciens comme Jean Lesage, Robert Bourassa ou Jean Drapeau, ainsi que les comédiennes Denise Pelletier ou Yvette Brind’Amour, et même la célèbre actrice américaine Elizabeth Taylor. Audacieux, il affronte dès 1967 le prêt-à-porter, avec succès d'ailleurs. Rapidement, il ajoute à ses collections un large éventail d’accessoires. Un an plus tard, sa boutique de la rue Crescent, qui restera ouverte jusqu’en 1978, offre sous un même toit des collections de haute couture et de prêt-à-porter. En 1987, sa collection Robichaud Diffusion est vendue partout au pays, dans les boutiques de Sears Canada ainsi que par catalogue. En outre, ses créations d’uniformes sont notoires et plusieurs grandes entreprises font appel à son talent, dont Air Canada, Via Rail et Hydro-Québec. En 1974, Michel Robichaud est élu comme premier président de l'Association des dessinateurs de mode du Canada. Cette présidence ne représente qu'un des multiples postes qu'il occupe au cours des années 1970 et 1980, le désignant comme ardent défenseur et porte-parole de la mode québécoise et canadienne. Si, à partir de 1995, Michel Robichaud s’engage dans l’enseignement, il continue toutefois de créer des exclusivités en haute couture et à concevoir des uniformes.
PARACHUTE (H. PARNASS, N. PELLY) Emblème de la mode des années 1980, Parachute s’inscrit comme une étrange symbiose entre les créateurs et la philosophie d’une époque. Fondée en 1978 et dirigée par le tandem Harry Parnass et Nicola Pelly avec l’ouverture de leur première boutique à Montréal, Parachute devient rapidement un succès créatif et commercial fulgurant à l’échelle mondiale, véritable étoile filante dont la traversée scintillante durera à peine une quinzaine d’années, mais qui éblouira durant son passage tout l’univers de la mode.
Formé aux États-Unis en architecture et en design urbain, Harry Parnass débute sa carrière dans l’industrie de la mode, comme consultant pour la société Le Château, dont il conçoit l’aménagement des magasins avant de créer une série de vêtements pour cette nouvelle chaîne québécoise. Quelques années plus tard, il rencontre Nicola Pelly, embauchée par l’entreprise pour le seconder dans sa production de vêtements. Les deux créateurs établissent immédiatement une connivence et quittent leur employeur pour démarrer leur propre entreprise. Créant librement des vêtements qui leur plaisent, c’est avant tout un esprit, « l’esprit Parachute », qui popularise le tandem Pelly-Parnass: on vient d’aussi loin que New York ou Boston pour s’approprier ces combinaisons d’inspiration militaire et ces vestes croisées en tissu éponge, des vêtements qui allient un caractère punk à une culture de plus en plus ouverte sur le monde, résultant en un vêtement rigide et très structuré. Forts de leur succès, les deux entrepreneurs ouvrent en 1979 une boutique à Toronto, puis à New York l’année suivante. Ce premier point de vente américain, étape cruciale dans la progression de la jeune entreprise, témoigne de l’esprit d’initiative et de témérité qui caractérise si bien ses créateurs: le local mesure plus de 2 000 mètres carrés, un luxe d’espace alors que seule une infime partie est occupée par les vêtements. La boutique new-yorkaise est conçue comme un véritable espace public, sans miroir aucun, avec des cabines d’essayage placées au centre de la pièce, ce qui incite à une étrange promiscuité entre les visiteurs. Les acheteurs affluent dans cet univers métallique et futuriste fabriqué de toute pièce. Bientôt, la marque Parachute se retrouve dans près de 150 boutiques aux États-Unis. À peine un an plus tard, les créations Parachute sont disponibles en Europe grâce à un distributeur italien qui négocie rapidement une licence pour produire la marque. Au même moment, l’engouement pour Parachute se répand au Japon. La gloire semble ne connaître aucune limite et, à son apogée, au milieu des années 1980, Parachute compte quelque 400 points de vente un peu partout sur la planète.(12) Au début des années 1990, Parachute atteint un chiffre d'affaires annuel de 50 millions de dollars. Mais déjà, la pente du déclin est amorcée. Outre un contexte qui se montre moins favorable, la gestion de l’entreprise exige trop du tandem Pelly-Parnass qui manque de temps pour la création; en 1993, les deux associés décident de mettre un terme à Parachute.
RAOUL-JEAN FOURÉ (1904-1992) Français d’origine, né en 1904, c’est à Paris que Raoul-Jean Fouré fait ses débuts en dessinant des chaussures. En 1927, il s’installe à Montréal, ouvrant un salon de couture où il dessine et coupe lui-même ses créations. Il se distingue auprès de sa clientèle par un service inédit: il offre de confectionner tout l’ensemble des tenues de mariage, depuis la robe de mariée et le costume de voyage jusqu'aux robes pour demoiselles et dames d’honneur. Des tissus somptueux et une confection réalisée avec minutie assurent rapidement sa notoriété. Son épouse, qui est aussi sa muse et son inspiratrice, ne porte que ses créations. Elle lui servira fidèlement
_________________________________________________________________________________________ (12) Lors du célèbre Live-Aid Concert, méga-concert de charité organisé par Bob Geldof et Harvey Goldsmith en juillet 1985, Parachute habille plus d'une vingtaine de vedettes rock parmi les plus populaires au monde. Madonna, Peter Gabriel, Sting, Mick Jagger, Stevie Wonder et Duran Duran deviennent clients de Parachute. Habillant les principaux acteurs de la très populaire série télévisée Miami Vice, Parachute étend son influence aux jeunes cadres et professionnels. Information tirée du Dictionnaire de la mode. _________________________________________________________________________________________
de « publicité », à une époque où celle-ci est limitée. Bientôt, l’atelier de Raoul-Jean Fouré engage près de 25 couturières. Les années 1940 et 1950 cristallisent sa gloire. Outre ses créations de haute couture, Raoul-Jean Fouré réalise des costumes de théâtre et participe à plusieurs événements, dont le défilé annuel organisé par la Ligue de la Jeunesse féminine, une grande occasion de promotion pour les créateurs de mode. Tout au long de sa carrière, Fouré sera à l’affût de l’innovation, des nouvelles idées de mise en marché et de promotion, ne se laissant jamais ralentir par les revers. Ainsi, avant même l’ère du prêt-à-porter, il présente des collections thématiques et il s’associe à des fabricants d’automobile, qui font appel à lui pour créer des robes qu'ils présentent lors du lancement de nouvelles voitures. En outre, dès 1960, il devient le premier couturier canadien à s’associer à un manufacturier de fourrure, association qui résultera en des créations tricot-fourrure très avant-gardistes. Au cours de sa carrière, Raoul-Jean Fouré s'est largement investi dans la promotion de la mode canadienne et dans la reconnaissance de ses créateurs, mettant tout en oeuvre pour que la mode d’ici traverse les frontières. Sa détermination a permis à la mode canadienne de faire ses premières avancées sur la scène internationale.
ROGER LAROSE, DIT RÉGOR (1911-1992) Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1935, Roger Larose, dit Régor, suit une formation en mode dans des écoles américaines reconnues. Il débute sa carrière en enseignant l’histoire du costume. Sa passion pour l’enseignement et pour l’histoire du costume l'inspirera sa vie durant. Cependant, il a surtout été un fervent défenseur d’une mode canadienne, convaincu des possibilités de création unique avec les tissus d’ici, qu’il utilisera et mettra en valeur dans son propre travail. Tout au long de sa carrière, qu’il mènera sur plusieurs fronts, il sera préoccupé par le caractère canadien et par les influences de l’histoire du costume sur ses créations, qui comprennent tant des robes du soir que des vêtements sport. En plus de son activité dans la haute couture, qu'il destine à une clientèle privée, Régor consacre une part de son savoir-faire à concevoir des costumes pour le théâtre, la télévision et le cinéma, tant ici qu’aux États-Unis. En outre, il a créé de nombreux costumes pour des fêtes, dont le tricentenaire de Montréal en 1939, les fêtes du Bas Saint-Laurent en 1942, les tricentenaires de Longueuil et de Boucherville, ainsi que le centenaire d’Alma en 1966.
SERGE SÉNÉCAL ET RÉAL BASTIEN Serge Sénécal et Réal Bastien, tous deux originaires de Montréal, ont suivi leur formation de base à l’École des métiers commerciaux, puis ont effectué des stages dans de prestigieuses maisons de couture à Paris. La haute couture sera leur vocation. En 1964, ils présentent une première collection dont le succès les fait rapidement connaître du public. En 1973, malgré le déclin de la haute couture à laquelle le prêt-à-porter livre une cruelle bataille, ils décident d’ouvrir leur maison de couture. Démarrant l’aventure avec un associé, ils se retrouvent rapidement seuls pour continuer et, depuis, leur salon de couture est fréquenté par l’élite québécoise, narguant le temps et les statistiques par une réussite bien enracinée. Installés à Westmount depuis la fin des années 1980, les créateurs ont annexé une boutique à leur célèbre salon et, depuis ce temps, ils se consacrent entièrement à leurs collections, qu'ils présentent assidûment à leur clientèle. Leur atelier emploie 23 personnes, en plus de deux employées permanentes à Palm Beach en Floride, où ils ont également une clientèle fidèle à qui ils présentent trois collections par année. Leur succès tient au fait que tous les patrons sont réalisés selon les mesures des clientes, Réal possédant une base pour chacune d’elles: ainsi, peu d’ajustements sont nécessaires, avantage significatif puisque leur production américaine monopolise près de 80 % de leur temps. En tandem depuis plus de 40 ans, les créateurs Serge et Réal tiennent un commerce unique en son genre à Montréal.
Look glamour, industrie manufacturière
PARTIE 1 Malgré ses airs de diva et son agenda mondain, la mode est avant tout liée à une industrie manufacturière des plus traditionnelles. Elle aussi doit s’adapter aux nouvelles technologies et à la mondialisation, mais tous ces ajustements tardent à venir et tirent encore de la patte. Les entreprises de cette industrie structurent souvent largement leurs activités en divisant de façon très nette à travers des divisions distinctes entre le développement du produit, la planification et la production, la mise en marché et la promotion. En général, une entreprise de vêtements comprend un département de marchandisage, un département de design et développement, un département de production, planification et contrôle, un département de vente et marketing et, enfin, un département de promotion des ventes.
Apparel Company Organization(13)
FASHION DEVELOPMENT • Designers • Stylists • Pattern Makers • Sample Sewers
SALES & MARKETING • Sales • Marketing • Market Research • Sales Representatives
ADVERTISING & SALES PROMOTION • National Media (with agency) • Retail Promotions • Public Promotions
PRODUCTION, PLANNING & CONTROL • Cloth buying • Production • Shipping • Outside Contractors • Quality Control / Assurance
MERCHANDISING • Merchandising Managers • Merchandising Coordinators
Les entreprises de prêt-à-porter produisent habituellement entre quatre et à six collections par année, ce qui correspond aux « saisons » déterminées par l’industrie: printemps (spring), été (summer), automne 1 (fall 1), automne 2 (fall 2), fêtes (holiday) et croisière (resort). Toutefois, la catégorie de produit et la clientèle cible influencent le nombre de collections offertes durant l’année. Par exemple, un manufacturier de tailleurs pour hommes ne présentera probablement que deux collections, printemps et été, tandis que celui qui produit des vêtements sport pour hommes aura au moins cinq collections, automnes 1 et 2, fêtes, printemps et été. Quant aux maisons de haute couture, elles ne présentent que deux collections par année, en janvier et en juillet, à la presse, à certains membres invités de l’industrie de la mode et à leur clientèle privilégiée. Les termes « série », « groupe » et « collection » désignent une combinaison de vêtements présentés ensemble pour une saison. Une série est composée d’un large groupe, ou de plusieurs petits groupes de vêtements qui se déclinent autour d’un thème, d'une couleur ou d'un tissu, ce qui et permet de les combiner et de les interchanger. Chaque série est développée pour une clientèle particulière et peut contenir jusqu’à une soixantaine de pièces (pantalon, jupe, veste, robe, etc.). Une collection doit être esthétique, cohérente, équilibrée; durant le stade de recherche et de création, on étudie attentivement le choix et le nombre des couleurs qui la composeront. Un même style est habituellement offert dans trois ou quatre couleurs (ou imprimés): outre le fait de permettre une certaine polyvalence, cela réduit les coûts de développement et de production. _________________________________________________________________________________________ (13) Figure tirée de : Leslie Dewis Burns and Nancy O. Bryant, The Business of Fashion : Designing, Manufacturing and Marketing, Oregon State University, Fairchild Publications, New York, 1997, page 116. _________________________________________________________________________________________ Plusieurs fonctions sont ouvertes aux artisans de cette industrie dont les compétences techniques et artistiques varient. Ces artisans peuvent donc participer à la création des textiles, à la création et à la production des collections, à la commercialisation et à la vente ou, enfin, à la promotion et aux communications de l’univers de la mode.
Création et production des textiles
C’est parfois une étoffe qui fait tout l'éclat et l’originalité d’un vêtement. Les étoffes doivent donc être conçues et réalisées avec soin. C’est ici qu’entrent en jeu les designers textiles, coloristes, graphistes, teinturiers et autres gestionnaires de la production et représentants textiles. Le designer textile est l’artiste qui crée les motifs et les dessins d’un futur tissu, traduisant ensuite son oeuvre pour qu’elle soit techniquement réalisable, par exemple pour qu’elle puisse être imprimée en intégrant les répétitions des motifs: il faut éviter, lors de la coupe, les pertes excessives de tissu. Certaines grandes entreprises se distinguent par leurs créations textiles: elles engagent des artistes qui se consacrent exclusivement à l’aspect créatif, le travail technique du transfert des dessins étant confié à d’autres. Par ailleurs, beaucoup de manufacturiers et de créateurs de mode trouvent leurs étoffes chez des représentants qui tiennent une grande variété de produits classés selon les prix, l’accessibilité, la provenance. Pour certaines PME, il est parfois extrêmement complexe de s’approvisionner en tissus: les représentants exigent des quantités importantes lors de la commande (souvent un minimum de 3 000 à 4 000 mètres), difficiles à assumer pour de petites collections produites en quantité limitée. Ainsi, même s’il est possible de se procurer une quinzaine de mètres à la fois (ou plus), pour fabriquer les échantillons qui servent à la vente d’une collection, ces tissus ne seront probablement disponibles qu’en grande quantité lors de la production, plusieurs mois plus tard. Les personnes qui oeuvrent à la création et à la production des tissus doivent avoir une solide formation textile pour reconnaître et utiliser les diverses fibres selon leurs caractéristiques (naturelles ou synthétiques, celles-ci ne cessant de se multiplier avec les nombreuses et fréquentes innovations des producteurs textiles, qui proposent des propriétés étonnantes et polyvalentes), selon la complexité des tissages et des compositions ou le mélange des couleurs. Leurs expertises s’appuient sur des connaissances en chimie, surtout lors des processus de teinture et de différents tests sur les tissus.
PARTIE 2 Création et production d’une collection de vêtements
La mode est une diva qui exige d'avoir sur elle toutes les lumières lorsqu’elle se présente sur scène avec ses nouvelles collections. Ainsi, à Paris, à Milan ou à New York, la presse attend avec enthousiasme les créations des designers. Certains de ces créateurs deviennent célèbres, sont vénérés en idoles et reçoivent des honneurs dignes des plus grandes stars du cinéma, tandis que dans les couloirs de l’industrie, l'ensemble des artisans et collaborateurs ne reçoivent aucune reconnaissance publique. L’élaboration de la ligne directrice d’une collection repose sur le dessinateur de mode: c'est lui qui décide des silhouettes, des couleurs, des textures, des garnitures. L’inspiration vient de partout:d’événements divers, du cinéma, des expositions de musée, d’un voyage exotique, de l’histoire ou d’un courant social qu’il ou elle adapte ensuite pour concevoir, autour d’un thème, une collection de vêtements contemporains et manufacturables. Le dessinateur a habituellement une formation complète en mode comprenant le dessin d’illustration (sketch), le moulage, le dessin de patrons et la couture: la maîtrise de ces disciplines — qui se chevauchent, se rejoignent et se complètent — permet de saisir le vêtement dans son ensemble et de créer des collections qui allient style, confort et rentabilité. Le designer de mode doit pouvoir compter sur des compétences tant artistiques que techniques. Le designer joue un rôle crucial, c’est en quelque sorte une vedette; sa griffe en témoigne. Dans son ombre, ses assistants-dessinateurs, dont la rémunération est bien moindre que celle du dessinateur, forment équipe, vérifient nombre de détails concernant les tissus et les garnitures et supervisent la confection des échantillons. L’étape de création d’une collection chevauche celle de la production de la collection la précédente, et cette étape empiète elle-même sur celle de la vente de la collection précédente. Les responsabilités du marchandiseur varient d’une entreprise à l’autre, mais portent habituellement sur les prises de décision concernant les tissus et les collections, la recherche de marchés, la projection de ventes, le calcul des prix. Le marchandiseur fait le lien entre les ventes et la production et, dans de petites entreprises, il arrive qu'il joue aussi le rôle de dessinateur. Les entreprises qui n’ont pas de dessinateur peuvent faire appel à un styliste. Le styliste est un nomade qui fouine dans les foires textiles, les défilés et autres expositions et associations, à l’affût des dernières tendances. Il visite les divers marchés pour ramener des styles qu’il adaptera aux collections de son client, selon ses besoins. Dans de grandes compagnies, le styliste assiste le dessinateur dans ses recherches en donnant ses idées sur les tendances et les dernières innovations. Le patroniste possède les compétences techniques pour transformer un dessin original en pièces de patron prêtes à être utilisées pour produire un vêtement. Ce processus comporte plusieurs étapes: un premier patron est réalisé, habituellement à l’aide du géométral,(14) dessin technique qui représente le vêtement à plat, en deux dimensions, et affichant toutes les spécifications nécessaires au patroniste; ensuite, il y a confection d’un échantillon, ou toile, en vue d’un essayage. Le vêtement est ajusté sur un mannequin(15) et le patroniste corrige le patron (et chaque fois une nouvelle toile) jusqu’à ce que le vêtement tombe bien. Des créateurs préfèrent la méthode du moulage, qui s’adapte mieux à certains styles de vêtement. Cette technique consiste à mouler directement le tissu sur un mannequin industriel, méthode utile pour des drapés, des lignes asymétriques ou des créations inusitées. Une fois réalisé, le moulage est transféré sur patron afin de produire un échantillon pour la séance d’essayage. Le patroniste, lors de l’étape de la production, doit assurer la gradation du patron, c’est-à-dire décliner le patron en différentes grandeurs.(16)
_________________________________________________________________________________________ (14) Voir l'annexe 3. (15) Outre les défilés de mode et les séances photo, plusieurs mannequins travaillent auprès des manufacturiers pour des séances d’essayage. (16) Les mensurations utilisées dans le prêt-à-porter résultent d’une combinaison de dimensions standardisées adaptées par les entreprises selon leur clientèle et le style de leurs lignes. La standardisation des mensurations par taille a été nécessaire pour le développement de l’industrie du prêt-à-porter: chaque grandeur a été établie à partir de la moyenne d’un large groupe échantillon, pour chaque grandeur par groupe d’âge. Par exemple, une taille 42 pour homme correspond à la taille moyenne d’un homme de 5’10’’ dont le tour de poitrine est de 42 pouces, la taille de 36 pouces et les _________________________________________________________________________________________
Autrefois, les techniques de dessin de patron et de gradation nécessitaient de nombreuses heures de découpage et de collage. Aujourd’hui, nombre d’entreprises fonctionnent avec l'informatique, grâce à des logiciels et à des imprimantes adaptés à l’industrie de la mode. Le patroniste travaille donc désormais sur ordinateur. Lorsqu’une collection entre en production, ce sont les coupeurs et les couturières(17) qui se mettent à l’oeuvre. Ces métiers exigent des habiletés techniques précises et, surtout, une grande capacité de productivité dans des conditions bruyantes, stressantes et répétitives (les couturières, par exemple, sont souvent spécialisées dans la confection d’une seule pièce: des poches, des cols, des manches). Aujourd’hui, le coupeur utilise de plus en plus l’ordinateur, même s’il lui arrive encore de travailler manuellement. Le procédé est le suivant : plusieurs longueurs de tissus sont étendues sur d'immenses tables de coupe. À la dernière rangée, on installe un marqueur sur lequel on trace les pièces de patron. Le couteau électrique suit ce guide pour découper les tissus soigneusement empilés. Les maisons de haute couture, ou les fabricants de vêtements de très grande qualité, coupent parfois les vêtements un par un. Le cuir et les autres peaux exigent également une coupe particulièrement méticuleuse. Selon la taille et l’orientation stratégique de l’entreprise, celle-ci peut décider d’impartir certaines étapes de sa production. Elle peut confier la réalisation des patrons ou la gradation de ceux-ci à des entreprises spécialisées dans ces activités. Ainsi, il est très fréquent que les compagnies confient la coupe et la confection de leurs collections à des sous-traitants.
Vente et promotion Dernières étapes de la chaîne de production, la vente et la promotion se jouent ici avec les mêmes acteurs et les mêmes rôles que ceux de toute industrie manufacturière. À quelques nuances près, puisque la mode ajoute tout de même une teinte glamour personnelle. Ainsi, les manufacturiers, les commerces au détail et, surtout, les créateurs qui se consacrent à leurs propres collections organisent régulièrement des défilés de mode qui mettent en valeur leurs produits et moussent leur image. Plus encore peut-être que la qualité réelle, le prix ou le confort, c'est souvent l’image qui construit le succès d’une collection, d’une marque de vêtements, d’un designer. Il est vrai que ce succès est parfois éphémère, car nous sommes dans le royaume de la séduction, où la mise en scène est soigneusement étudiée. Saison après saison, l'industrie fait tout pour plaire à la clientèle par des défilés, des galas prestigieux, les top modèles, les shooting photos, et la multitude de magazines de mode. hanches de 43 pouces. Cette moyenne sert de référence qui est habituellement modifiée par une entreprise selon sa clientèle cible.
_________________________________________________________________________________________ (17) En grande majorité, la coupe est effectuée par les hommes et la confection, par des femmes. _________________________________________________________________________________________
ANNEXE
Étape du processus de création et de production(18)
Step 1: Research
Market Research: Long-Range Forecasting Short-Range Forecasting Target Customer Research Trend Research Color Research Fabric and Trim Research
Step 2: Design Design Inspiration Plan the Line Design Sketch (or Technical Drawing) with Fabric and Trim Swatches Design Team Selects Styles Write Preliminary Garment Specifications
Step 3: Design Development and Style Selection Make First Pattern Cut and Sew Prototype (First Sample) Approve Prototype Fit (First Adoption) or Revise Style or Drop Style Review Line Select Styles for Line (Final Adoption)
_________________________________________________________________________________________ (18) Figure tirée de: Leslie Dewis Burns and Nancy O. Bryant, The Business of Fashion: Designing, Manufacturing and Marketing, Oregon State University, Fairchild Publications, New York, 1997, page 130. _________________________________________________________________________________________
Step 4: Marketing the Line Order Fabrics for Sales Samples (Duplicates) Order Duplicates for Sales Samples Final Costing Sales Representatives Show Line at Market Retail Buyers Place Orders
Step 5: Production Finalize Production Pattern Order Production Fabrics, Trims, ans Sundries Based on Sales Orders Finalize Garment Spec and Size Spec Sheets Grade Production Pattern into Size Range Make Production Marker
Step 6 : Sourcing Select Production Facility
Step 7: Apparel Production Cut and Sew Sewing Sample (contractor’s sew by) Inspect Production Fabric Cut Production Order Sew Production Order Inspect, Press, Tag, and Bag Order
Step 8: Distribution Send Order to Manufacturer’s Distribution Center or Directly to Retailer Quality Assurance Check Pick Orders and Send to Retail Store Distribution Center Review Season’s Sales Figures Marché : spécialisation-micro-fragmentation
INTRODUCTION L’industrie de la mode divise et subdivise son marché,(19) regroupant ses multiples segments en trois branches principales: vêtements pour femmes, vêtements pour hommes, vêtements pour enfants. Habituellement, une entreprise débute en se concentrant sur un seul de ces groupes, choisissant parfois d'attendre avant d’élargir ses horizons. Si, depuis quelques décennies, le vêtement pour enfants s’est massivement imposé et si les créateurs de vêtements pour hommes captent de plus en plus l’attention, la mode féminine demeure privilégiée.
VÊTEMENT POUR FEMMES Le marché du vêtement pour femmes est considérablement morcelé. C'est aussi le marché le plus mouvant, celui où les silhouettes, les styles et les goûts évoluent le plus rapidement. Pour perdurer dans cette arène, il faut beaucoup de dynamisme créatif, ainsi qu'une vision et une compréhension du marché hors du commun. La haute couture règne encore en Europe, bien que son emprise s’effrite sans cesse. En Amérique du nord, le prêt-à-porter étend son pouvoir à partir de son centre, New York. Entre ces frontières, l’industrie de la mode québécoise se taille une place. Ceux et celles qui se concentrent sur la création féminine orientent leurs produits selon les clivages suivants: ▪ Classification de produits: manteaux, robes, chemisiers, tailleurs et coordonnés, tricots, vêtements tout-aller (pantalons, incluant le jeans), vêtements sport, maillots de bain, uniformes, robes de mariée et vêtements de soirée, lingerie et vêtements d’intérieur. Habituellement, les créateurs et les manufacturiers se spécialisent dans un seul de ces groupes, même si certains produits se combinent aisément, comme les tailleurs, les chemisiers et les robes. Dans les années 1930 et 1940, certains créateurs ont commencé à offrir des tailleurs, jupe ou pantalon coordonnés avec chemisier et veston, et les femmes ont rapidement adopté cette nouveauté. Les styles de tailleurs ont évolué, se transformant sans cesse, mais le concept est resté
_________________________________________________________________________________________ (19) Voir annexe .1 _________________________________________________________________________________________
actuel, se renouvelant chaque saison. Par ailleurs, des produits comme les manteaux ou les maillots de bain demandent un savoir-faire particulier et une machinerie spécialisée, ce qui incite certaines entreprises à s’y consacrer exclusivement. Depuis une douzaine d’années, les vêtements de sport font l'objet d'un engouement manifeste. Suivant l’évolution des moeurs, la mode s’empare de ce nouveau marché: les femmes jouent au tennis et au golf, elles pratiquent le yoga? Les manufacturiers et les designers saisissent cette nouvelle brèche et s’empressent d'offrir à leurs clientes un vêtement adapté et stylé pour les séances sportives. Même le maillot de bain, dont la présence a longtemps été restreinte à une très courte saison, occupe maintenant des boutiques entières, servant désormais à longueur d’année et se déclinant dans tous les styles et gammes de prix.(20) La lingerie aussi est un créneau en expansion, qui se développe rapidement et qui offre de nombreuses possibilités: depuis le vêtement d’intérieur jusqu'aux sous-vêtements, en passant par les pyjamas de soie ou de coton, la femme peut se laisser aller à toutes ses coquetteries. ▪ Segmentation par taille: la taille régulière (qu'on appelle souvent misses) varie selon les manufacturiers et les styles de vêtements, mais couvre habituellement les tailles allant de 6 à 16 ans; la taille junior correspond à une clientèle jeune et elle est dessinée pour une morphologie filiforme; la taille petite est destinée à celles qui mesurent cinq pieds quatre pouces et moins (5’4’’), et les vêtements sont proportionnés pour nécessiter le moins de modifications possible (longueur des jupes, pantalons, manches); la taille forte répond à une autre morphologie distincte, celle qui habille généralement du 14 au 24, une clientèle longtemps négligée mais qui est aujourd’hui mieux comprise par les stylistes (le créneau étant lucratif !); la grande taille propose des vêtements harmonisés aux mensurations des femmes de plus de cinq pieds neuf pouces (5’9’’); enfin, il y a les vêtements maternité, qui sont désormais très stylés et qui « grandissent » avec les rondeurs de la femme enceinte. Avant 1950, l’achat d’une robe exigeait inévitablement des modifications et il était pratiquement impossible de trouver certaines tailles, comme les très petites ou les très grandes. C’est une designer américaine, Anne Fogarty, elle-même menue, qui, dans les années 1950, a offert ses modèles dans une taille plus petite, parachevant ainsi ses lignes régulières. Une idée qui a connu un grand succès et qui a fait son chemin. Aujourd’hui, il est possible de trouver sur le marché les tailles les plus rares. ▪ Catégories de prix: réservée à l’élite, la haute couture propose des vestes à 2 500 $ et des robes de soirée à 20 000 $; selon son budget, le consommateur qui ne dispose pas de ces moyens peut alors se tourner vers le prêt-à-porter et opter pour les articles de designers, des produits contemporains, moyens ou bas de gamme.
_________________________________________________________________________________________ (20) La designer québécoise Chantale Lévesque, sous la marque Shan, a réussi à s’approprier une part de ce marché et est maintenant reconnue pour ses maillots haut de gamme. _________________________________________________________________________________________
La clientèle de création haute couture compose une infime partie du marché; c’est une clientèle qui a évidemment des ressources financières très élevées et qui vient habituellement chercher des tailleurs ou des robes de soirées pour des occasions particulières, mais qui peut très bien vouloir garnir toute sa garde-robe. Il existe pourtant des exceptions: par exemple des personnes qui, à cause d’une morphologie problématique, optent pour le sur-mesure; ou encore des femmes de carrière qui s’offrent une folie de temps à autre; enfin, des jeunes filles qui font confectionner la robe de leurs rêves pour un bal de graduation ou un mariage. Le prêt-à-porter ne répond évidemment pas aux mêmes besoins et la gamme de produits et de prix y est multiple. En outre, le vêtement prêt-à-porter se porte tous les jours, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour la création de haute couture.
VÊTEMENT POUR HOMMES Pendant des années, le vêtement pour hommes s’est résumé à de la flanelle grise, avec des chemises blanches discrètes à fines rayures assorties à de sobres cravates. Tandis que les créateurs étaient absorbés, saison après saison, à définir l’image de la femme et à lui remodeler une nouvelle silhouette, l’homme s’habillait de ses vêtements anonymes et indémodables. Au début des années soixante, on accorda enfin quelque attention à cette partie du marché. Pierre Cardin, qui jusque-là s’était fait remarquer pour ses innovations dans le vêtement féminin, met sa créativité au profit de la garde-robe masculine et lui inspire une apparence nouvelle, rajeunie, moderne. Le vêtement pour hommes n’atteindra jamais les sommets scintillants et osés que permet la coquetterie féminine, mais désormais il a une personnalité unique et originale. Le marché du vêtement pour hommes se compose de segments similaires à celui du vêtement pour femmes. Spécialisé par tailles, il s’ajuste aux différentes morphologies. Tous trouveront des collections proportionnées à leurs mensurations, le géant de six pieds quatre pouces (6’4’’) ou le petit homme rondouillard, tout comme l’athlète aux larges pectoraux et à la taille étroite. Là encore, les manufacturiers choisissent souvent de se concentrer sur une catégorie de produits, soit le costume, les manteaux, les vêtements tout-aller, les accessoires, le vêtement sport ou le vêtement de travail. De plus en plus, les collections pour hommes sont audacieuses ou classiques… et les designers finiront bien par apprivoiser cette clientèle encore timide.
VÊTEMENT POUR ENFANTS Il y a à peine quelques décennies, les vêtements pour enfants étaient les reproductions miniatures de vêtements pour adultes. En outre, contrairement à ce que la plupart des parents d’aujourd’hui vivent au quotidien, les goûts et les préférences les enfants comptaient pour bien peu dans la constitution de leur garde-robe. Autour des années 1950, la télévision et le rock’n roll ont provoqué chez les jeunes une volonté de se démarquer. L’expression de ces nouvelles opinions passèrent aussi par le vêtement, incontournable marque d’identité. Un tout nouveau créneau s’ouvrait alors à l’univers de la mode.
La suite bientôt...
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Nous tentons de nous rapprocher le plus de la réalité de l'époque en y incorporant subtilement des techniques contemporaines. En utilisant des matériaux naturels ou tout au moins le plus naturel possible.
Des techniques telles que le filigrane d'étain(peu utilisé aujourdh'ui), le cuivre embossé, le cuire repoussé, les pierres semi-précieuses appliquées en chatons, la fourrure véritable en garniture ou en doublure, etc...
De ces techniques et matériaux nous avons créé aujourdh'ui, depuis 1999, des accessoires tels que:
-Éguillettes polonaises faites de cuivre enroulé tel qu'à l'époque
-Bourses ou sac à main contemporain fait de fourrure
-Boucles d'oreilles en filigrane d'étain
-Colliers en filigrane d'étain
-Bracelets de filigrane d'étain et pierres
-Ceintures pour femme en filigrane d'étain et pierres
-Chaussures de cuir garnies de fourrure
-Cercles de Tête féminin de cuivre, cuir et pierres
-Ceintures masculine de cuivre et cuir
-Ceintures féminine de boules de bois et filigrane d'étain
-Etc...
Pour la collection de vêtements pour enfants, là aussi nous tenons à les réaliser dans des matériaux naturels, de-mêmes que pour les adultes. Les modèles sont de mêmes formes que pour les adultes mais plus simples dans le détail. Cette nouvelle collection CUER DE LIONCEAU(3 à 9 ans) créée par pur plaisir. -Petites cales de lin/coton -Chemises de lin/coton -Petits pourpoints de coton/jaquard/velour -Jupes de coton/lin -Braies ou pantalons de coton/lin -Capes de laine -Petites chausses de cuir -Capuche à pélerine de laine/lin/coton Vous êtes sur l'espace web CUER DE LION. Les contenus sont la seule propriété de CUER DE LION et ne peuvent en aucun cas être diffusés ni reproduits sans l'accord de CUER DE LION. CUER DE LION décline toute responsabilité sur tout usage non autorisé de l'un quelconque de ces contenus.
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