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    Défricheurs de tendances et premiers de la classe

    Défricheurs de tendances

    et premiers de la classe

    Audrey Levy
    30/01/2008 | Mise à jour : 16:19 |

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    En marge de leurs études, certains jeunes vivent si intensément leur passion pour la mode qu' ils se bousculent pour en apprendre davantage sur la construction d'un vêtement ou les styles de 1680 à nos jours…

    On peut s'inspirer de Kate Moss ou de Nicole Richie, porter un slim, des low boots, des lunettes oversize, et vouloir percer les mystères théoriques et pratiques de la mode. Les professionnels ont donc concocté pour un public plutôt jeune, novice et curieux, des programmes sur mesure capables de compléter une pratique assidue du lèche-vitrine et la lecture régulière des magazines.

    Apprendre à regarder un vêtement, le dessiner, découvrir les techniques d'un couturier ou d'un styliste, c'est ce que propose par exemple un nouveau programme d'atelier des Arts décoratifs à Paris. Plus théorique, l'École du Louvre a ouvert, depuis la rentrée, un cours intitulé «Histoire de la mode et du costume, les mécanismes de la mode en France de 1680 à 2000». Rien à voir avec les cours académiques dispensés par les écoles de mode aux futurs professionnels, ni avec les ateliers culturels et créatifs proposés par la ville de Paris rassemblant une flopée de bobos à l'affût du «c'est moi qui l'ai fait». Ici, on décortique les codes de la mode à la lumière des phénomènes historiques.

    En associant théorie et exemples concrets puisés dans leurs propres collections, ces institutions ont su attirer un nouveau public. Un vrai succès : depuis la rentrée, ces cours, sans condition préalable de diplôme, affichent complet. Parmi les 180 places proposées par l'École du Louvre, on dénombre, outre les 40 élèves de l'école, 140 auditeurs libres, amateurs ou passionnés, qui s'y précipitent souvent entre deux séances de travaux dirigés à la fac.

    Plus sélectifs encore, les Arts décoratifs n'offrent que 18 places, en grande majorité à des lycéens peu intéressés par des cursus trop scolaires, qui parfois se découvrent une vocation. «Au début, j'étais très attirée par le contenu, maintenant je suis certaine de vouloir en faire mon métier», affirme une jeune fille qu'on croirait tout juste sortie d'un manga. «Les jeunes suivent les codes vestimentaires qu'on leur montre dans les médias. Le vêtement est un marqueur social, révélateur d'une culture et d'une appartenance sociologique, analyse Bertrand Meyrat, chargé de mission à l'École du Louvre. Paradoxalement, la mode est aussi un élément p our se démarquer et affirmer son individualité.»

    Dans ces cours, il n'est absolument pas question de bricoler des tenues excentriques en mâchant un chewing-gum… Chaque semaine, pendant une à deux heures, encadrés par des experts et des enseignants spécialisés, ces jeunes adeptes se forgent une véritable culture mode : apprentissage du croquis, cours sur les matières, élaboration d'un cahier de tendances, conférences sur l'histoire du costume… 

    Au-delà du glamour

    «Ils arrivent avec pas mal de clichés. On leur remet les pieds sur terre en leur montrant les réalités du métier : la démarche d'un créateur, les exigences du marché », détaille Grégory Drouin, styliste et professeur aux Arts décoratifs. «Les explications théoriques sont parfois un peu ardues mais elles deviennent rapidement accessibles, une fois confrontées aux œuvres des musées », soutient une étudiante venue croquer les modèles de la dernière exposition Lacroix.

    Face à cet engouement, certains éditeurs proposent des jeux vidéo qui initient de façon ludique au métier de styliste. Après le succès de Léa, passion mode et Jeune Styliste, qui en est à sa cinquième édition, la dernière trouvaille s'appelle Zoé, créatrice de mode. Un jeu qui va au-delà du simple habillage de mannequins : «  Il faut sortir les ciseaux, la machine à coudre et le fer pour réaliser de A à Z chaque nouvelle commande », explique le chef de projet, Jean-Michel Stenger.

    Loin de l'univers glamour des podiums, le joueur, tel un vrai créateur, doit faire ses preuves pour devenir Zoé, la créatrice du moment, et réaliser les plus belles collections à partir d'une dizaine de patrons disponibles. Pas le droit à l'erreur. Son travail est ensuite évalué, selon trois critères : le temps de la réalisation d'un modèle, la précision de la couture et le style. On s'y croirait.

    Ateliers du Carrousel, rens.: 0144555902. École du Louvre, www.ecoledulouvre.fr  Léa, passion mode, Nintendo DS, Ubisoft, 39,99 €; Jeune styliste 5, DVD-rom, PC/Mac, Carré multimédia, 30 €; Zoé, créatrice de mode, Nintendo DS, 505 Games, 34,99 €.

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